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A Goma, toutes les classes politiques s’accordent pour une fois et condamnent les propos “irresponsables” du numéro un de l’ONU

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A Goma, toutes les classes politiques s’accordent pour une fois et condamnent les propos “irresponsables” du numéro un de l’ONU


On ne l’expérimente pas aussi souvent qu’on le voudrait, surtout quand il s’agit de la sécurité du pays. Mais pour une fois, les sentiments sont presque les mêmes. Les politiciens congolais de tous bords s’accordent à dire que les propos du secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres, sont révélateurs de l’inefficacité de son organisation à contribuer à la pacification de l’est du pays.
A Goma, toutes les classes politiques s'accordent pour une fois et condamnent les propos “irresponsables” du numéro un de l'ONU
A Goma, toutes les classes politiques s’accordent pour une fois et condamnent les propos “irresponsables” du numéro un de l’ONU

Un peu plus de 48 heures après l’intervention du Secrétaire général de l’ONU sur Radio France Internationale (RFI) et sur France24, de nombreux Congolais ne digèrent toujours pas les propos de Gutteres. En effet, se confiant aux journalistes français, celui-ci a soutenu que le M23 dispose d’armes plus modernes et sophistiquées que celles de la mission de l’ONU en RDC.

Une déclaration qui n’a pas été du goût des congolais qui sont plusieurs à demander le départ de la mission du territoire congolais dans les plus brefs délais. Ces propos de Gutteres viennent enfoncer les clous, car des milliers de personnes y voient un aveu de faiblesse, venant cette fois de la plus haute autorité de l’organisme.

Ainsi, cette déclaration est à la base de plusieurs réactions qui depuis dimanche se succèdent en chaîne et qui pour cette fois, qu’elles émanent des partis politiques de l’opposition ou de ceux appartenant au régime en place dans l’Union Sacrée de la Nation, vont dans le même sens. Ils pensent tous que les autorités nationales devraient réagir car cette fois, le numéro un de l’ONU a reconnu aux yeux du monde la faiblesse de la mission onusienne en RDC face aux groupes armés locaux et étrangers qui déstabilisent l’Est du pays depuis des décennies.

Pour l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Nord-Kivu), le parti présidentiel, “les propos du secrétaire général de l’ONU doivent être considérés comme irresponsables”. “C’est aussi une grande trahison qui sort de la bouche du numéro un de l’ONU”, a commenté un des cadres du parti de Félix Tshisekedi. Katembo YALALA, qui est le secrétaire interfédéral du parti au Nord-Kivu, suggère que la Monusco doit être considérée aujourd’hui comme “le M23 Bis et que son porte-parole est Antonio Guteres”.

“Pour nous, ces propos sont une trahison, une façon de se voiler la face devant du peuple congolais et surtout les morts enregistrés dans l’est du pays. Il est inadmissible que le tout premier porte-parole autorisé des Nations Unies puisse déclarer que le M23 est plus armé qu’une des forces supposées être l’une des puissantes du monde mais incapable de vaincre un groupe rebelle”, a déclaré Katembo YALALA à congorassure.cd le mardi 20 septembre.

Avant d’ajouter : “Guteres est devenu le porte-parole du M23, c’est pourquoi il appelle à des pourparlers avec le Rwanda et l’Ouganda, qui sont les parrains de ceux qui nous attaquent, avec leur mauvaise foi dans ce qui a déjà été discuté en Angola”. En plus de cela, pour cet cadre du parti au pouvoir, l’option d’organiser des manifestations pacifiques de grande envergure n’est pas épargnée à l’UDPS, afin d’obtenir le départ de la mission. Le parti au pouvoir n’écarte donc pas l’option d’organiser des manifestations pacifiques de grande ampleur afin d’obtenir le départ de la mission : “Nous devons mettre la Monusco à la porte car elle ne vaut absolument rien sur notre sol. A quoi bon les garder ici alors qu’ils ne nous sont d’aucune utilité ? Ils doivent partir et c’est pour bientôt”.

Le même avis est partagé par l’opposition. Le porte-parole de l’EciDé au Nord-Kivu a également déclaré qu’il est irresponsable pour le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Gutteres, de faire de telles déclarations qui reflètent la faiblesse et l’échec. William Balungwe a déclaré ne pas comprendre comment un père peut venir déclarer haut et fort la faiblesse de ses enfants face aux menaces qu’ils sont appelés à surmonter. Pour lui, « la Monusco est une force en faillite qui n’a aucune raison de rester en République démocratique du Congo ». « Malgré toutes les promesses faites par la Monusco pour le rétablissement de la paix en RDC, rien n’a encore été fait, une mission ratée dont la population ne veut plus. Elle doit partir immédiatement, même si nous savons qu’elle est en lien avec les dirigeants qui militent pour la balkanisation de notre pays », a déclaré ce militant du parti de Martin Fayulu.

Ce dernier a également parlé de son parti qui, selon lui, reste « engagé dans la résistance contre toute forme de balkanisation ». Cet opposant a par ailleurs promis que le parti Ecide accompagnera les initiatives de la société civile pour mettre fin à cette situation qui choque sincèrement la population congolaise, surtout à l’Est de la RDC.

Notons que dans un point de presse tenu le mardi 20 septembre 2022, le bureau de la Coordination des forces de la société civile de Vives a annoncé deux journées ville morte pour les lundi 26 et mardi 27 septembre pour exiger du gouvernement congolais la libération de la ville frontalière de Bunagana, contrôlée depuis plus de trois mois par les rebelles du M23, la levée de l’état de siège, ainsi que le départ de la mission onusienne du territoire congolais.

Emmanuel Mwene, Goma

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