Sud-Kivu : Les producteurs d’ananas d’Idjwi souhaitent que le ministère de l’Industrie construise une usine de transformation dans la région
Le territoire insulaire d’Idjwi produit trop d’ananas. Les agriculteurs qui ne savent plus comment gérer cette surproduction se tournent vers la capitale, Kinshasa pour trouver une solution.
Ces agriculteurs tirent la sonnette d’alarme auprès du ministre national de l’industrie et souhaitent que les conditions sur place soient propices pour assurer un développement durable de leur contrée. Ils demandent de ce fait au ministre l’installation d’une usine de transformation dans la région.
L’un des producteurs locaux d’ananas, Ana Sumahili, 37 ans, estime que la République démocratique du Congo peut devenir le premier producteur d’ananas en Afrique, ainsi que de matières transformées à partir de ce fruit, si la volonté du gouvernement est là.
« Nous avons des hectares de plantations d’ananas, mais nous récoltons et vendons nos produits localement. Il est crucial pour nous de dire au gouvernement d’industrialiser la culture et la production d’ananas, nous savons que nous pouvons être le premier producteur de cette culture », a assuré Mme Sumahili.
La femme agricultrice explique qu’au-delà de l’image touristique peinte d’idjwi, une île située dans le lac Kivu, la zone est aussi un espace où l’agriculture reste une activité génératrice de revenus mensuels pour plusieurs ménages.
« Les gens pensent qu’Idjwi est exclusivement un lieu touristique. Ce n’est pas le cas. A Idjwi, nous cultivons et produisons beaucoup. Mais nous avons du mal à acheminer nos produits vers les zones urbaines, nous demandons au ministre de l’Industrie de faire en sorte que les produits des producteurs d’Idjwi soient transformés et vendus au niveau national et international », a-t-elle ajouté.
Idjwi, petit territoire de 310 km², reste l’un des principaux producteurs d’ananas dans l’Est de la RDC. L’île exporte une partie de sa production hors des frontières du pays mais également vers des villes congolaises, notamment Goma et Bukavu.
Malheureusement, sur place, cette culture d’ananas est confrontée à plusieurs défis liés au manque d’outils de travail, à l’absence d’engrais mais aussi aux usines de transformation. Et malgré l’abondance d’ananas sur l’île, le jus de ce fruit est importé.
Par Enoch David