Butembo : la rareté des billets de 50, 100 et 200 FC sur le marché perturbe le climat des affaires des petits commerçants
La ville de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, connaît depuis le début du mois de septembre 2021, une rareté des billets de 50, 100 et 200 francs congolais sur le marché local. Cette situation affecte le climat des affaires.
Les petits commerçants victimes de la rareté des billets de 50, 100 et 200 francs congolais sont les vendeurs des crédits mobiles et des légumes.
Le mercredi 29 septembre 2021, une querelle a éclaté entre un revendeur de crédits mobiles et son client non loin de la mairie de Butembo. Tout est parti du fait que le client voulait acheter des SMS de 250Fc alors qu’il n’avait qu’un billet de 500Fc. A défaut de petits billets, le revendeur lui a proposé de lui envoyer la totalité de SMS de 500Fc. Le client a repris son argent alors qu’il avait déjà reçu des SMS à la valeur de 250.
Au marché central, des vendeuses de légumes se plaignent que beaucoup de leurs clients n’achètent pas des produits alimentaires à cause des petites coupures. Elles ajoutent que seuls quelques-uns d’entre eux sont encore utilisables.
« C’est devenu un sérieux problème d’échanger 50, 100, 200Fc. C’est une préoccupation. Il y a aussi des billets à jeter. Les autorités devraient s’arranger pour nous apporter de nouveaux billets », a déclaré un vendeur de tomates.
Un autre commerçant le long du boulevard Joseph Kabila, témoigne également des désaccords qui surviennent parfois entre lui et ses clients sur les petites coupures de francs congolais.
« Il y a un manque de petites coupures dans les points de vente. Cette difficulté persiste parce qu’il y a des clients qui ne veulent pas vous laisser le reste, et vous, le vendeur, vous ne voudriez pas les laisser partir avec votre argent. Et certains des petits billets qui circulent encore sur le marché sont dans un état défectueux. Il est rare de trouver un billet de 200fr ou de 100fr encore en bon état. Je demande aux autorités d’émettre de nouveaux billets », a-t-il déclaré.
L’intervention de la Banque centrale du Congo est nécessaire
Pour l’économiste Marquis Katsuva, seule la banque est en mesure de résoudre ce problème. Pour ce faire, elle doit approvisionner le marché en petites coupures.
Par ailleurs, répondant à certains avis qui pensent à une stratégie entreprise par le gouvernement de la RDC de démonétiser la monnaie nationale (le franc congolais), cet assistant à la Faculté d’économie et de gestion de l’Université officielle de Ruwenzori (UOR) dit ne pas être du même avis. Il soutient que la démonétisation est un long processus.
« L’État lui-même, s’il veut démonétiser, c’est vraiment une procédure longue à laquelle on ne peut pas penser. Parce que cela a beaucoup de conséquences. Je ne pense pas que l’État puisse y penser », a déclaré l’économiste Marquis Katsuva.
Par Martin Leku, Butembo