Augmentation du prix de l’essence : le transport urbain en prend un coup dans la ville de Butembo
La ville de Butembo, au Nord-Kivu, connaît une instabilité du prix de l’essence sur le marché depuis la fin de l’année 2021. Cette instabilité a largement affecté le prix du transport urbain.
Le constat fait le mercredi 2 février 2022, montre que le litre d’essence est vendu à 3 500 francs congolais à la pompe, comme chez les revendeurs appelés communément Kadafimen, et à 4 000 francs congolais dans certains quartiers de la ville.
En conséquence, le prix d’un trajet a encore augmenté. Par exemple, il est difficile de trouver un conducteur de moto taxi qui accepte 500 francs pour une seule course dans le centre-ville. « Il y a quelques jours, on pouvait facilement prendre un taxi pour 500 FC. Aujourd’hui, les taxis-motos ne facturent qu’à partir de 1000Fc. Rares sont ceux qui peuvent accepter à partir de 700Fc », indique un client.
Les chauffeurs, de leur côté, ne jurent que par le fait que leurs clients devraient s’adapter aux nouveaux tarifs.
Cependant, le prix du billet de certaines agences de voyages n’a pas changé malgré l’augmentation du prix du litre de carburant sur le marché. C’est le cas de l’agence de voyage Grace Express Butembo.
» Même si le prix du carburant a augmenté, le prix du billet n’a pas augmenté. Butembo-Goma, en bus c’est 20 dollars et en voiture c’est 25 dollars », explique Jérémie Bihamba, responsable de cette agence, qui précise que le maintien de ce prix habituel est une manière de garder leur clientèle au vu de la situation de vie difficile actuelle.
Face à cette situation, l’analyste économique Marcus Katsuva, estime que le gouvernement congolais devrait subventionner les fournisseurs de carburant pour leur permettre d’avoir un produit à un prix abordable pour les consommateurs.
« Nous sommes dans une économie de marché libre où le prix est fixé en fonction des lois de l’offre et de la demande. Cela signifie qu’il doit y avoir un prix que le fournisseur est prêt à accepter pour céder son produit, mais aussi un prix pour lequel le consommateur est prêt à payer. Normalement, l’Etat devrait tenir compte de la structure des coûts pour fixer le prix du carburant », explique cet enseignant de la faculté d’économie de l’Université officielle du Rwenzori (UOR).
Dans un communiqué officiel signé le 21 janvier 2022, le ministre national de l’économie avait fixé les prix du carburant à la pompe dans la zone Est à 2 450 francs CFA par litre pour l’essence, 2 400 francs CFA par litre pour le gasoil et 1 950 francs CFA par litre pour le pétrole.