Nord-Kivu : En quelques semaines, un bidon de 20 litres d’huile végétale est passé de 32 à 45 dollars américains à Butembo
Le prix de l’huile végétale importée connaît une hausse spectaculaire sur le marché de Butembo, une ville commerciale de la province du Nord-Kivu. Cette hausse des prix affecte les bénéfices des restaurateurs. Pour y remédier, l’économiste Marquis Katsuva propose deux solutions.
Le constat fait par congorassure.cd révèle qu’un bidon de 20 litres est vendu entre 44 et 45 dollars américains. Alors qu’il y a quelques semaines, le bidon de 20 litres était à 32, 33 dollars américains.
Pour les commerçants de ce produit oléagineux, cette hausse soudaine du prix est liée à sa rareté dans les pays d’approvisionnement (Ouganda et Kenya).
« L’huile devient de plus en plus rare là où nous avions l’habitude de l’acheter. Ils ne nous disent même pas pourquoi elle est rare », explique Kambale Patrick, un revendeur.
Cette augmentation est déjà perceptible dans certains restaurants de la ville. Les propriétaires de ces commerces déplorent le fait que leur marge de bénéfice soit réduite. Pour la préserver, certains d’entre eux déclarent avoir diminué la quantité du plat servi.
Dans les petits restaurants, c’est plutôt l’augmentation du prix du plat, indique un motocycliste croisé dans un restaurant sur le boulevard Julien Paluku.
Le chef de service urbain de l’économie nationale, Kakule Kahiyembako Gérard, dit reconnaître cette forte hausse du prix de l’huile végétale importée.
Il a expliqué à CONGORASSURE.CD que son équipe sera déployée sur le terrain pour faire un contrôle du prix d’achat par rapport au prix de vente. Selon lui, le but est de savoir si la marge bénéficiaire de ces commerçants n’est pas affectée ou si ces opérateurs économiques sont impliqués dans la fixation illégale des prix.
Allègement fiscal et développement du secteur au niveau local
Pour sa part, le chef des travaux Marquis Katsuva, enseignant à la faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université officielle de Ruwenzori (UOR) explique que le prix est souvent fixé en fonction du coût d’achat et de la concurrence. Pour atténuer cette hausse, cet économiste propose deux solutions, l’une à court terme et l’autre à long terme.
« La solution à court terme est de demander au gouvernement congolais d’exonérer, si possible, certains produits qui ont connu une hausse à l’étranger afin de ne pas pénaliser la population locale. Ainsi, si le prix est stable à l’étranger, l’Etat pourra récupérer ses différentes taxes. Pour ce qui est de la solution à long terme, j’aimerais que nous voyions dans quelle mesure nous pouvons investir dans ce secteur. Nous ne devons pas rester longtemps dépendants de l’extérieur pour les produits de première nécessité. Nous avons des matières premières. C’est à l’Etat de voir comment soutenir les initiatives locales », a déclaré le CT Marquis Katsuva.
Cette flambée du prix de l’huile végétale est observée depuis la fin du mois de février 2022.