Obligation de revêtir tous les taxis de la couleur jaune : A Goma, la décision entraîne une pénurie de transports publics
Les habitants de la ville de Goma, dans l’Est du pays, se sont réveillés sans transport public ce lundi 31 janvier 2022.
Plusieurs sources informent que c’est suite à la décision du Maire de la ville qui exige aux taximen-bus et voitures, de peindre leurs véhicules en couleur jaune.
Selon le mouvement citoyen Veranda Mutsanga, une des structures organisatrices du processus d’observation d’une ville sans transport public, les grévistes qui ont tenté de sensibiliser certains récalcitrants au fait qu’ils voulaient travailler malgré l’appel lancé simultanément et en collaboration entre les chauffeurs, ont fait face à une intervention musclée dans presque tous les carrefours, des éléments de la Police accompagnés du Commandant de Ville, qui les ont interpellés.
Patrick Ricky PALUKU, Défenseur des Droits de l’Homme et Coordonnateur de la Veranda Mutsanga, a dénoncé deux cas de blessures graves déjà enregistrés, à savoir un certain Christian TAGE, chauffeur du bus THE ONE blessé à l’arme blanche par le chauffeur du Commandant de Ville, et un certain NURU, agent de l’’ACCO, blessé et ayant perdu une dent avant d’être conduit dans un véhicule de police à la Mairie, et au moins 7 personnes arrêtées.
Les grévistes demandent à l’autorité urbaine de coopérer pour s’harmoniser
Les grévistes indiquent qu’ils ont proposé à l’autorité urbaine d’adopter le système des bandes comme cela se fait dans d’autres pays, notamment en Tanzanie, au Rwanda, en Ouganda et ailleurs, et cela pour des raisons économiques vu que la majorité des propriétaires de ces véhicules les achètent à crédit. « Un paiement quotidien à 20 $, Les chauffeurs et propriétaires de ces véhicules ont tous des familles à nourrir, à éduquer, à habiller, à payer des impôts et bien d’autres besoins, ce qui fait qu’il est difficile même de régler leurs situations avec les créanciers » a souligné Ricky Paluku, espérant que le Maire de Goma sera flexible et révisera sa décision.
Il rappelle au maire de la ville que toutes ces réalités devraient être prises en compte avant même de penser à imposer une somme faramineuse, d’autant plus qu’il n’a pas voulu écouter les personnes concernées.
« Chaque fois que les chauffeurs et propriétaires de bus et de taxis sont allés exprimer leurs difficultés dans des réunions, le maire de la ville semblait arrogant et ne voulait pas écouter », a-t-il déclaré à CONGORASSURE.CD.
Ce dernier estime que la population de Goma doit soutenir la grève des transports publics, qui ira jusqu’à l’obtention de la victoire de la cause. Il explique que la décision est imposée par le maire, obligeant la peinture jaune et une nouvelle identification moyennant 10$ par véhicule à payer à la mairie et cela sans tenir compte des désirs des personnes concernées par la mesure et du social de la population.
« Les personnes interpellées doivent être relâchées sans condition » a-t-il enfin conclu.