Conférence internationale sur la gestion des volcans des Virunga à Goma : Les « forces vives » disent n’avoir pas été impliquées
La Conférence internationale sur la gestion des volcans des Virunga se tient à l’hôtel SERENA de Goma depuis le 19 mars et se terminera le 21 mars 2022. Cette réunion porte sur la prévention des futures éruptions des volcans des Virunga et le renforcement des capacités de l’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG).
Les participants sont réunis autour du représentant spécial adjoint du secrétaire général de l’ONU, Kassim Diagne, et de plusieurs autres invités. Quelques membres du gouvernement ont pris part au lancement de cette conférence, notamment le ministre de la Recherche scientifique, le ministre de l’Aménagement du territoire et le ministre de l’Industrie.
Durant cette rencontre de trois jours, qui implique plusieurs acteurs scientifiques, les coordinations des sociétés civiles de la ville de Goma et du Territoire de Nyiragongo qui disent être absentes, dénoncent leur non-implication dans l’organisation. Elles fustigent le quota de participation qui leur a été réservée.
En effet, dans un communiqué rendu public, Marrion Ngavho et Mambo KAWAYA, respectivement présidents des sociétés civiles de Goma et de Nyiragongo haussent le ton et dénoncent le fait que cette activité se déroule sans l’implication totale de la société civile.
Les deux leaders de la société civile justifient leur incompréhension suite à l’absence des forces vives de deux zones concernées par le fait que ces dernières n’ont pas été impliquées alors qu’elles représentent les habitants du territoire de Nyiragongo qui vivent et subissent les affres des Volcans, ceux de Rutshuru et Masisi qui reçoivent les victimes des Volcans et ceux de la ville de Goma qui subissent tous les problèmes du volcan Nyiragongo.
Marrion NGAVHO, au nom de toutes les personnes qui se sentent lésées d’avoir été écartées, déclare que cette façon de faire est un signe d’irrespect à la population, d’autant plus que les conférences sur les connaissances des volcans restent des sujets intéressants dont les premières cibles devraient être les communautés locales et les associations de base de Nyiragongo, de Goma, de Masisi et de Rutshuru. Pour lui, les habitants devraient d’abord être formés et cela pourrait leur permettre d’avoir un plan d’urgence pour savoir tout ce qu’il faut faire s’il y a une éruption afin d’éviter beaucoup d’incidents. « chose qui n’a pas été faite » regrette-t-il.
Cet acteur de la société civile de Goma poursuit ses propos en soulignant que toutes les informations reçues au niveau de la base, devraient être transmises aux techniciens au niveau de Kinshasa, pour finir par appeler maintenant les techniciens des pays voisins, ceux du monde, afin qu’ensemble, ils puissent accepter et valider c’est ce que serait un plan intégré de contingences. « Un plan issu de la base qui pourra bien le consommé car sachant y avoir participé », ajoute Marrion NGAVHO.
» Nous avons vu à l’ouverture de cet atelier, de grandes délégations ministérielles avec autant de membres de cabinets, nous pensons que c’est le fonds public qui souffre encore, et pensons que ce sont encore les partenaires qui ont mis la main dans leurs proches, qui été trompés « , a-t-il dit, insistant que Kinshasa devrait avoir une autre façon de faire et de planifier les choses.
La société civile rappelle que les victimes vivent toujours dans la pauvreté à Nyiragongo, sans soins médicaux, sans logement, sans nourriture. « Il vaudrait mieux réfléchir et ne pas gaspiller de l’argent pour faire venir des délégations », dit le leader de la société civile de Goma, qui estime que la base devrait être informée et participer à la préparation, mais aussi être valablement représentée dans ces réunions pour donner des détails sur comment ils vivent, ce qu’ils font et comment ils vivent avec les volcans.
La société civile qui révèle qu’après avoir fait pression sur les organisateurs, une invitation est tombée à son bureau urbain de Goma à la veille de l’activité, craint que les résultats de cette première conférence internationale sur la gestion des volcans des Virunga ne soient mis au placard sans aucune suite.