Traque des rebelles au Nord-Kivu et en Ituri : Le député Matofali souhaite que les habitants aient des armes et soient formés pendant 20 jours
Face à la persistance des massacres dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, notamment dans les territoires de Beni, Irumu, Djugu et Mambasa, le député provincial Promesse Matofali plaide pour une option exceptionnelle. La dotation des armes aux habitants.
Pour cet élu du Nord-Kivu qui interpelle les autorités de Kinshasa face à une situation qui reste inchangée 10 mois après l’instauration de l’état de siège et 4 mois après le lancement des opérations militaires conjointes FARDC-UPDF, il est temps que la population locale participe également à la traque des rebelles qui ont longtemps endeuillé la communauté et dont la cruauté n’est plus à prouver.
Dans sa correspondance adressée directement au Président de la République, dont il salue l’esprit patriotique et la détermination à mettre fin aux massacres de Beni et de certains territoires de la province de l’Ituri ainsi qu’à l’insécurité dans d’autres régions du pays, l’élu provincial affirme que si les différentes mesures prises par le Chef de l’Etat, et plus particulièrement les opérations conjointes FARDC-UPDF, sont une preuve de bonne foi, les efforts consentis n’ont malheureusement pas suffi à ramener la paix.
Promesse Matofali demande de ce fait au gouvernement central d’examiner la possibilité de fournir des armes à la population des territoires où se déroulent les massacres afin qu’elle puisse contribuer efficacement à la traque et à l’anéantissement de ces tueurs. “Les armes doivent être clairement identifiées et leur nombre déterminé”, souligne l’élu de Butembo, au Nord-Kivu.
Il rappelle à l’occasion que du 12 au 14 mars, au moins 79 personnes ont été massacrées dans plusieurs entités des territoires de Beni et d’Irumu. “Ce chiffre s’ajoute à plus de 2068 personnes massacrées depuis l’instauration de l’état de siège et 383 depuis la mutualisation des forces FARDC-UPDF” regrette le député provincial.
En outre, compte tenu des dernières déclarations des forces FARDC-UPDF et du ministre de la Défense selon lesquelles les massacreurs sont maintenant dispersés dans les montagnes Ruwenzori et opèrent en petits groupes et qu’il est très difficile de les localiser, ainsi que celles du Gouverneur militaire du Nord-Kivu qui estime qu’il ne peut pas y avoir des soldats pour chaque maison dans tous les villages du territoire de Beni, Promesse Matofali espère qu’en plus des efforts consentis, sa proposition sera prise en compte.
Et concernant le contrôle des armes pour éviter les dérives, l’élu du Nord-Kivu explique que les chefs de quartiers ou de villages devraient être chargés du suivi et du contrôle chaque matin auprès de tous les bénéficiaires de cette dotation. « Une formation de moins de 20 jours pourrait permettre à cette population de bien manier les armes », a-t-il également proposé.