Bintou Keita à Beni pour rendre hommage aux casques bleus indiens tués lors des manifestations anti-MONUSCO
Bintou Keita, qui est la cheffe de la mission onusienne en République démocratique du Congo, est à Beni dans la partie Est du pays depuis le lundi 29 août 2022.
La cheffe de la MONUSCO, la mission de l’ONU en RDC, se trouve à Beni, au Nord-Kivu. Selon les sources de la mission, Bintou Keita séjourne dans cette partie de la RDC pour la cérémonie d’hommage aux deux policiers indiens tués en juillet dernier lors des manifestations anti-MONUSCO.
A la base de la mission où ont flotté ce jour côte à côte les drapeaux indien, onusien et congolais, la cérémonie a été plutôt émouvante et sobre. Plusieurs casques bleus ont été présents et quelques officiels congolais.
Sur place, le numéro un de la MONUSCO, qui, s’est également confié à la presse, a présenté les condoléances de la MONUSCO à la composante indienne de la mission.
Bintou Keita arrive dans cette partie de l’est du pays après une série de manifestations pour demander le départ inconditionnel de la MONUSCO, que les manifestants jugent « inefficace » après plus de deux décennies sur le territoire congolais.
Et pour le moment, la tension est toujours palpable, d’autant plus que la pétition initiée par la Synergie des mouvements citoyens, les associations de jeunes et les groupes de pression du Nord-Kivu continuent de recueillir des signatures pour la même cause. Les initiateurs entendent recueillir au moins 100.000 signatures avant d’envoyer le document aux autorités de Kinshasa pour exiger le départ de la mission onusienne.
Revenant sur l’exigence de certains congolais concernant le départ sans condition de la MONUSCO, madame Keita rappelle qu’il existe des procédures pour demander le départ d’une mission des Nations unies. « Le recours à la violence pour demander le départ de la MONUSCO est intolérable » ajoute-t-elle.
Avant de poursuivre, qu’il y avait dans le pays plusieurs endroits où il y avait des casques bleus, mais actuellement, les casques bleus ne sont plus que dans trois provinces. « On parle de territoires où se trouvent les problématiques de la présence des groupes armés au niveau local, mais aussi de groupes armés étrangers », souligne Bintou Keita , assurant que la mission demeure disposée à recevoir toutes les critiques constructives qui vont lui permettre de s’améliorer.
Les autorités s’emploient à trouver les auteurs de ces meurtres et ceux des agents de l’ordre
Les assassins présumés des casques bleus n’ont toujours pas été retrouvés et arrêtés par la police. Cependant, les enquêtes se poursuivent, selon des sources sécuritaires. Lundi, le bureau de police de la ville de Beni a annoncé avoir arrêté un des jeunes de Butembo qui avait incendié trois jeeps de police lors des manifestations anti-MONUSCO.
Le jeune homme est détenu en attendant la suite des investigations afin de voir dans quelle possibilité ses complices pourront également être appréhendés, selon la même source. L’identité et l’âge du jeune homme arrêté n’ont pas été divulgués au public, contrairement aux données concernant le jeune homme qui a été récemment arrêté à Butembo alors qu’il était en possession de l’arme personnelle du commandant adjoint de la police de cette ville qui a succombé à des blessures infligées par des miliciens qui s’étaient infiltrés parmi les manifestants.
Pour rappel, au moins quatre membres des forces de police avaient perdu la vie lors de ces violentes manifestations. En outre, un Casque bleu marocain avait également été tué et deux policiers de l’ONU de nationalité indienne. Du côté des manifestants, les sources officielles avaient annoncé au moins neuf morts.