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« Au moins trois sur les sept États de l’EAC sont impliqués dans la déstabilisation de la RDC » (Lucha)

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« Au moins trois sur les sept États de l’EAC sont impliqués dans la déstabilisation de la RDC » (Lucha)


Dans une correspondance adressée au chef de l’état, le mouvement citoyen lutte pour le changement (Lucha RDC) indique qu’il rejette vigoureusement la décision prise lors du troisième conclave des chefs des États membres de la communauté de l’Afrique de l’Est, celle de déployer dans un futur proche, une force régionale en vue de combattre les groupes armés dans la partie Est de la RDC.

« Au moins trois sur les sept États de l'EAC sont impliqués dans la déstabilisation de la RDC » (Lucha)
La Lucha soutient son opposition par trois points majeurs notamment le fait que toutes les armées des États membres de l’EAC seraient déjà présentes sur le sol congolais sous une forme ou une autre.

« l’armée rwandaise est associéée au M23 au Nord-Kivu et soutient le Red-Tabara au Sud-Kivu, en plus des opérations dites spéciales qu’elle mène ponctuellement sur notre territoire avec votre permission. L’armée ougandaise que vous avez invitée opère ouvertement au Nord-Kivu et en Ituri (opération Shujaa) depuis novembre 2021. L’armée burundaise opère régulièrement au Sud-Kivu, et l’armée sud-soudanaise dans la province du Haut-Uélé. Quant aux armées tanzanienne et kényane, elles sont déjà présentes au Nord-Kivu et en Ituri dans le cadre de la Brigade d’Intervention (FIB) des Nations-Unies », renseigne la Lucha.

Outre le fait que ces différentes forces armées se trouveraient déjà sur le territoire congolais, la Lucha a également avancé que près de la moitié des états membres de l’EAC alimentent depuis plusieurs décennies les conflits armés qui sévissent dans la partie Est de la RDC.

« Le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi, et dans une moindre mesure le Soudan du Sud, font face à des rébellions ayant des bases-arrière dans l’est de la RDC, et régulièrement ils s’accusent entre eux de déstabilisation. Ils se disputent l’influence, voire le controle d’une partie de notre pays pour des raisons aussi bien sécuritaires qu’économiques et géopolitiques, si bien que plus d’une fois ils ont eu à s’affronter sur notre territoire, directement ou par groupes armés interposés », peut on lire dans les grandes lignes de cette correspondance.

« En plus de l’armée congolaise, de la centaine de groupes armés locaux et étrangers, et des armées des pays voisins, il y’a également la présence de milliers de casques bleus de l’ONU qui sont déployés dans l’Est de la RDC depuis plus de 20 ans, » s’inquiète t-elle.

À lieu et place d’une force régionale, à en croire le contenu de sa correspondance, le mouvement citoyen lutte pour le changement recommande au président de la République Démocratique du Congo de requérir plutôt du conseil de sécurité de l’ONU le renforcement de la brigade d’intervention en troupes et en logistique.

« Une fois renforcée par les troupes militaires des États de la région hormis l’Ouganda, le Rwanda et le Soudan du Sud, la structure de commandement de la FIB devra être plus autonome à l’égard du reste de la force de la Monusco « , propose la Lucha.

Quant à ce qui concerne les opérations militaires UPDF-FARDC en cours dans le territoire de Beni et Irumu, le mouvement citoyen lutte pour le changement appelle le chef de l’état à y mettre fin car jugées inopportunes avec le probable déploiement d’une force régionale.

Aux côtés de ces recommandations, la Lucha n’a pas exclu celles en rapport avec la mise en œuvre du nouveau programme de désarmement et de stabilisation PDDRC-S, la création urgente d’un tribunal pénal international pour la RDC où d’un mécanisme équivalent en vue de juger les principaux auteurs congolais et étrangers des crimes de génocide et de guerre commis depuis 1990, ainsi que de faire de la réforme des forces de défense et de sécurité une priorité nationale absolue et ainsi mettre en œuvre tous les moyens légaux, politiques et financiers nécessaires à cet effet.

Car selon ce mouvement pro-democratie, « continuer à faire dépendre la sécurité du bon vouloir des autres et des interventions étrangères quelles qu’elles soient est un déni de la souveraineté et une humiliation insoutenable. »

Rappelons qu’à l’issue du troisième conclave des présidents des États membres de l’EAC tenue ce Lundi 20 Juin 2022, il a été décidé l’activation et le déploiement immédiat d’une force régionale pour lutter contre les groupes armés dans l’Est de la RDC.

« Placée sous le commandement militaire du Kenya, cette force devrait être opérationnelle dans les prochaines semaines. »

Par Nicole Lufungi
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