Santé

Beni-Santé : Faut-il privilégier les mesures contraceptives plutôt que de recourir à l’avortement clandestin ?

Congo Rassure Share


Beni-Santé : Faut-il privilégier les mesures contraceptives plutôt que de recourir à l’avortement clandestin ?


Par Nicole Lufungi –CongoRassure /Beni

La guerre que traverse la région de Beni a amplifié le rythme des violences et agressions sexuelles. Le taux des grossesses non désirées a à son tour haussé ces dernières années. Cette situation est d’une part, à la base de la prolifération des avortements clandestins.

Interrogés à ce sujet, certains jeunes de la ville de Beni ont affirmé que l’avortement clandestin demeure un crime, et une porte menant droit à la mort. Mais ils ont aussi déclaré que si plusieurs jeunes y recourent, c’est par crainte d’assumer les responsabilités parentales.

« L’avortement est un crime! Car il consiste à mettre fin à la vie d’un être en développement » a affirmé Lofanjola grâce, une jeune étudiante. « Si tu tombes enceinte, il faut donner à cet enfant une chance de vivre. »

De sa part, Mumbere James, la vingtaine, un jeune entrepreneur de la place, pense que l’idéal serait pour les jeunes de se confier aux personnels soignants au lieu de se faire avorter dans les conditions dangereuses . « L’avortement a deux facettes, elle est parfois un acte indispensable lorsque la grossesse présente un danger, mais elle devient aussi une action irresponsable  lorsque l’on cherche juste à se débarrasser de l’enfant par peur de ne pas être en mesure d’assumer ses responsabilités » a-t-il indiqué, en expliquant que les jeunes devraient du moins se rendre dans des structures habilitées enfin de limiter les dégâts liés à l’avortement.

Questionné par rapport à l’avortement clandestin et ses méfaits, le docteur Merveille NGURU, gynécologue obstétricien, médecin responsable de la clinique sainte Ursule à Beni, a déclaré que les avortements clandestins exposent aux risques d’infections car ils sont réalisés dans des endroits non stérilisés et par des non professionnels.

« Outre les infections et l’anémie, qui sont des complications directes pouvant entraîner la mort, il existe des complications tardives dues à l’avortement tel que, l’incapacité de concevoir ou de maintenir une grossesse jusqu’à l’accouchement » a précisé ce professionnel de santé.

Quelles sont les dispositions à entreprendre pour limiter les avortements clandestins ?

« Pourquoi ne pas apprendre aux jeunes les différentes méthodes contraceptives, enfin d’éviter les grossesses non désirées » s’est interrogé le docteur. « Nous sommes dans une région où les principes contraceptifs ne sont pas assez connus, l’éducation sexuelle est aussi basse, les personnes recourent à l’avortement clandestin qui est pourtant risqué, alors que l’idéal serait d’éviter les grossesses non désirées. »

Le gynécologue a expliqué que les méthodes contraceptives sont multiples, entre autres, l’abstinence et le préservatif, les implants, les injectables ainsi que les pilules contraceptives. « Ces méthodes citées sont sans risques majeurs lorsque qu’elles sont suivies par un médecin spécialiste » a-t-il souligné.

Que prévoit l’état congolais par rapport à l’avortement ?

Si l’avortement clandestin est punissable par la loi congolaise, il existe cependant un autre instrument juridique qui le dépénalise partiellement, il s’agit du protocole de Maputo, ratifié par la RDC en 2003 et publié le 14 mars 2018 dans le journal officiel. À  l’article 14 de ce texte, il est garanti à la femme, le droit à l’avortement médicalisé lorsque la grossesse est issue d’un acte de viol, d’agression sexuelle, ou d’inceste et lorsque la grossesse présente un danger à la vie de la femme. Cette déclaration corrobore le principe médical qui autorise l’avortement dans des situations précises.

 «Lorsque la grossesse présente un danger permanent à la vie de la femme, mais ceci doit d’abord être confirmé par au moins sept médecins afin de se rassurer que cette grossesse n’est pas réellement maintenable » a affirmé le médecin.

Cependant, il a expliqué que si l’avortement n’est pas thérapeutique, il rentre dans la catégorie des crimes, c’est qui est condamnable même par le serment que prêtent les médecins.

Que retenir ?

L’avortement clandestin est à la base de plusieurs complications car il se déroule dans des endroits non appropriés et la plupart du temps par des charlatans, il peut donc entraîner la mort. Dans une zone en proie à l’insécurité comme Beni, il est indispensable d’initier les jeunes à l’éducation sexuelle de base et aux principes contraceptifs car l’avortement reste punissable par la loi congolaise même si dans certaines situations particulières, l’avortement est autorisé.

Congo Rassure
the authorCongo Rassure
Congo Rassure

Laisser un commentaire

Résoudre : *
24 ⁄ 12 =


error: Content is protected !!