Les activités socio-économiques tournent au ralenti en ce 2 janvier 2023, premier lundi de l'année après la commémoration de la nouvelle année dans un contexte sécuritaire qui reste trop volatile dans la province du Nord-Kivu depuis le début de l'année dernière.
Les routes ne sont pas aussi fréquentées par les piétons et les véhicules qu'elles ne l'étaient à Goma. Par exemple, le centre commercial de Birere, point de rencontre de presque toute la population de la ville, reste calme à midi. Seules quelques boutiques ont ouvert leurs portes avec un nombre très réduit de clients.
Pour les commerçants interrogés par CONGORASSURE. CD, cela semble logique pour un début de mois de janvier. Selon eux, ce mois s'annonce difficile pour la population de la capitale provinciale du Nord-Kivu.
"Ce mois risque d'apporter des mauvaises surprises, bien que généralement le mois de janvier a toujours été caractérisé par une situation économique difficile. Mais celle-ci sera trop exceptionnelle à cause de la guerre qui, avant même les fêtes de fin d'année, a plongé la province dans une situation que presque tout le monde ne savait pas comment supporter après que la circulation sur la route Goma-Butembo a été coupée à Rutshuru suite à son occupation par les rebelles du M23", déclare Louis Manzekele.
Pour lui, il est temps qu'un plan de renforcement socio-économique soit mis en place pour aider la population de Goma. "En dehors de cela, cette année risque d'être encore pire au niveau de la situation sociale de la population avec une économie stagnante", poursuit-il.
Depuis juin 2022, Goma fait face à une situation économique très critique caractérisée par des hausses de prix à grande échelle de plusieurs produits de base causées par la persistance de la guerre dans une partie de la province. Plusieurs organisations de la société civile locale ont déjà eu à attirer l’attention des autorités nationales sur cette question.
Pour plusieurs observateurs, avec plus de deux millions d'habitants, sans compter les marées de personnes qui ont fui la guerre à Rutshuru et qui vivent dans sa périphérie, cette ville risque de tomber dans le chaos économique si le gouvernement congolais ne met pas en place un plan d'urgence pour mettre en déroute la rébellion du M23 et soutenir les opérateurs économiques de cette zone affectée par cet énième violence.
Diddy MASTAKI, Goma