Les prix des crédits mobiles et forfaits internets sont revus à la hausse sur le marché de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, dans l’Est de la RDC. Cette hausse s’explique par l’instabilité du taux de change du dollar américain. Les consommateurs et les revendeurs de ces produits se plaignent et demandent l’intervention du gouvernement Congolais.
Sur le marché local, le taux de change d’un (1) dollar varie entre 2300 et 2400 Francs Congolais. Ce qui entraîne la révision à la hausse des crédits et forfaits cellulaires.
« Nous avons subitement constaté la hausse des prix des unités. Et je me suis beaucoup posé des questions parce que j’étais habitué aux prix d’avant. Dix unités étaient vendues à 250 FC mais actuellement 10 Unités coûtent 300, voire 400 FC. Avec la situation économique que nous traversons maintenant, ce n’est pas facile de se procurer des crédits mobiles », témoigne Prince Kakurusi.
Les revendeurs se disent également victimes de cette situation qu’ils rallient à l’instabilité du taux de change sur le marché. À en croire, Serge Nenedi, tenancier d’une cabine sur la rue d’ambiance, ils (revendeurs) sont obligés de se conformer aux exigences de la monnaie étrangère.
« Ça déstabilise les tarifs de forfaits. Malheureusement nous n’avons pas d’autre chose à faire. On est obligé de nous conformer à l’exigence de la monnaie étrangère. Cette situation s’observe parce que nous considérons plus les monnaies d’autres pays », déplore Serge Nenedi.
Cette thèse est aussi confirmée par les maisons de télécommunication au niveau locale. Les responsables de ces entreprises invitent leurs abonnés à s’apaiser étant donné que les démarches sont en cours pour pallier cette problématique.
La forte demande et l’extraversion de l'économie
Interrogé par rapport à cette problématique, le professeur Prof Vahavi Mulume Bertrand évoque, à la base de cette instabilité, la forte demande du dollar et l’extraversion de l’économie congolaise.
« Nombreux commerçants ont actuellement besoin du dollar pour aller faire les achats à l’étranger. Un autre problème est que nous produisons ce que nous ne consommons pas et nous consommons ce que nous ne produisons pas. Tant que cette extraversion reste non résolue, nous resterons toujours dépendants de cette devise étrangère », analyse cet enseignant en faculté des sciences économiques à l'UCG/Butembo.
À part l’augmentation des prix des crédits et forfaits cellulaires, les produits vivriers et d’autres divers ont aussi connu des variations sur le marché de Butembo.
Martin Leku