Nord Kivu : la reprise des combats entre FARDC et M23 a des répercussions sur la vie socio-économique de la ville de Goma
La situation socio-économique de la ville de Goma traverse une période d’instabilité depuis la reprise jeudi dernier des hostilités entre les Forces Armées de la RDC et les rebelles du M23 à Kabindi et Rwanguba dans le groupement de Jomba, en province du Nord-Kivu.
Plusieurs produits de première nécessité ont vu leurs prix flamber dans tous les marchés de la ville. C’est le cas du maïs et des haricots, qui font partie des denrées de base les plus consommées.
Si les prix avaient grimpé il y a quelques semaines déjà suite à d’autres facteurs, notamment l’instabilité du taux, un sac de 100 kilos de maïs, qui se vendait auparavant entre 60 et 65 dollars, a cette fois atteint un pic de 80 à 85 dollars. Il en va de même pour les haricots. Une mesure qui se vendait entre 2.000 et 2.500 francs congolais au détail se négocie aujourd’hui entre 3.000 et 3.500 francs congolais.
En plus de ces produits alimentaires, plusieurs produits manufacturés connaissent la même situation ou se raréfient tout simplement sur le marché, a confié un commerçant.
Pour les vendeurs de ces produits, cette hausse des prix est également liée à la pénurie observée chez leurs différents fournisseurs suite à la situation sécuritaire qui devient volatile dans plusieurs parties de la province, notamment concernant des produits qui viennent du territoire de Rutshuru avec les affrontements en cours et l’incertitude sécuritaire dans le Masisi caractérisée par le déclenchement des tueries de masse dans certains villages depuis près de 48 heures.
« La vie devient très chère. Si ça continue comme ça, on risque de commencer à compter les morts de faim. Ce qui rend les choses encore plus difficiles, c’est cette crise économique que nous sommes obligés de subir à la suite des problèmes sécuritaires « , a dit à CONGORASSURE.CD Mme Jeannette, une habitante de Virunga, qui appelle les forces armées en à finir une fois pour toute avec cette situation.
Elle lance par ailleurs un appel au gouvernement congolais pour “améliorer la situation sociale des habitants de Goma et surtout pour garantir la sécurité des opérateurs économiques et agricoles afin que les différentes denrées alimentaires soient correctement acheminées vers le fief de la province.”
Pour sa part, Etienne Murhula s’inquiète des risques de répercussions de cette situation sur la vie socio-économique de la ville de Bukavu et de plusieurs autres régions qui dépendent de la ville de Goma pour leur alimentation. Pour lui, le régime de Kinshasa doit mettre en place de toute urgence un plan de sauvetage pour sortir cette partie du pays du gouffre dans lequel elle est en train de s’enfoncer.