En juillet dernier, le taux de change avait atteint un pic de 25 000 francs congolais pour 10 dollars américains. Cependant, il a depuis connu une légère baisse, se situant entre 22 000 et 23 000 francs congolais pour 10 dollars américains.
Malheureusement, malgré la volonté du gouvernement congolais de maintenir la stabilité du franc congolais par rapport au dollar américain, l'économie de la République démocratique du Congo (RDC) reste fragile. Les agrégats macroéconomiques ne permettent pas de stabiliser le franc congolais, qui est la monnaie nationale, face aux devises étrangères, notamment le dollar américain.
Sur le marché noir, le taux de change est actuellement de 2400Fc pour 1 dollar américain, tandis que dans les transactions commerciales de la ville de Goma, la valeur du dollar américain atteint 2600Fc. Cette situation perturbe la fixation des prix des produits de première nécessité sur le marché local.
Les commerçants justifient cette instabilité par les spéculations entourant le taux de change. Beaucoup d'entre eux rencontrent des difficultés dans leurs activités, car les dollars sont rares sur le marché et toutes leurs importations dépendent de devises étrangères.
Selon les experts, la situation risque de s'aggraver, ce qui pourrait entraîner la disparition de certains billets à faible valeur faciale, comme les billets de 50Fc et 100Fc, qui n'achètent presque rien sur le marché de Goma en raison de l'inflation monétaire.
Ils suggèrent au gouvernement de la RDC de prendre des mesures pour mettre fin à la guerre dans l'est du pays, afin de permettre le retour des flux commerciaux. Cela contribuerait à restaurer la circulation monétaire dans la province, qui joue un rôle économique majeur en RDC. Ils recommandent également d'encourager la production locale pour limiter les importations, de conserver les devises dans les réserves monétaires et de protéger l'industrie locale contre la concurrence étrangère, qui pratique le dumping, ce qui est interdit par l'Organisation mondiale du commerce.
Il convient de rappeler que l'économie de la RDC est depuis longtemps dépendante de l'étranger, que ce soit en termes commerciaux ou en matière de main-d'œuvre. Le pays importe une grande variété de produits, de main-d'œuvre et fait face à des fuites de cerveaux, les revenus étant généralement dépensés dans les pays d'accueil. Cette situation crée un déséquilibre dans la balance des paiements, ayant des conséquences néfastes sur la macroéconomie de la RDC.
Diddy MASTAKI