Butembo : Des écoles privées bradent l’éducation des apprenants
La formation dans certaines écoles privées laisse à désirer en ville de Butembo, en province éducationnelle Nord-Kivu 2. Les promoteurs profitent de la faiblesse de l’Etat qui agrée leurs établissements sans se rassurer de la qualité d’enseignement. L’avenir des apprenants étudiant dans ces écoles semble hypothéqué.
Le grand nombre de ces établissements n’ont pas de d’infrastructures adéquates. Des apprenants suivent cours dans de conditions déplorables.
Vendredi 11 mars 2022, 23 écoliers assis sur de vieux bancs suivent cours dans une salle du complexe scolaire situé en cellule Matsinde, quartier Rughenda, en commune Bulengera où se concentrent la plupart de ces écoles. Les cours se déroulent dans un chantier. Les apprenants du primaire étudient à côté de leurs aînés du secondaire dans une promiscuité totale.
Trois salles fonctionnent dans des maisons de commerce communément appelées « boutiques » prises en location dans le parage de l’école fonctionnant depuis trois ans.
Des enseignants s’en plaignent régulièrement, cause d’instabilité du salaire mensuel, ne démissionnent pas faute d’autres emplois décents, déclare Paluku G., enseignant au complexe scolaire Light in Darkness mission.
*Formation bâclée*
Selon les statistiques de l’Association des Ecoles privées Agréées (ASSONEPA), la ville de Butembo compte 197 écoles privées agréées dont 36 maternelles, 90 primaires et 71 écoles secondaires.
Discipliné bâclée laisse place au laisser-aller.
Nous avons passé environs une heure dans un établissement scolaire en vallée de Rughenda. Des vas et viens dans la cour, des sorties intempestives des apprenants, sont visibles. D’autres élèves ont même tendance à dicter leurs conduites aux prétendus directeurs de disciplines. A côté cela, cette école est dépourvue des matériels didactiques (des ouvrages, des fournitures bureau, …).
« J’ai préféré venir étudier ici puisque les conditions d’étude sont favorables. Je paie les frais d’étude et on me respecte. Et tout ce dont j’ai besoin c’est être à l’aise. D’autres écoles mettent trop de rigueur », témoigne V. Patrick, élève en cinquième industrie alimentaire au complexe scolaire de la place.
Certains parents contactés avouent que des enfants se font eux-mêmes inscrire dans ces écoles privées.
« C’est mon voisin qui m’a fait savoir que mon fils étudie au complexe scolaire EMEDI. Et pourtant, je l’avais fait inscrire au lycée Butembo », regrette Kavira Vusoke.
Les promoteurs se soucient moins de la formation et de la discipline au sein de leurs établissements respectifs. Ils se préoccupent plus du lucre. Ces derniers prétextent qu’ils « épaulent l’État congolais qui n’est pas à mesure de répondre à tous les besoins liés à l’éducation »
« Nous suivons à la lettre le programme national comme dans les écoles conventionnées. Mais seulement, l’Etat reconnait le public sur le plan financier », a fait savoir un gestionnaire.