Ituri : 750 enfants d’âge scolaire formés en lecture, écriture et mathématiques par Save the Children à Komanda
Le programme des clubs d’apprentissage pour les enfants déplacés, retournés et autochtones vivant actuellement dans la zone de santé de Komanda a pris fin le lundi 07 novembre, à Komanda, dans la province de l’Ituri.
Le programme des clubs d’apprentissage a été initié par Save the children pour assurer l’éducation des enfants affectés par les conflits de toute nature dans la région d’Irumu et de Mambasa et qui ont été accueillis à Komanda. Cet apprentissage se fait principalement autour de l’écriture, la lecture et les mathématiques pour sauver le cursus scolaire de ces enfants.
Pour ce premier lot, au moins 750 enfants d’âge scolaire, dont 359 filles, ont été pris en charge dans ces clubs d’apprentissage répartis dans 5 écoles de la région pendant 3 mois. Un soulagement pour les autorités scolaires locales.
« Par rapport à l’appui à l’éducation, ce projet a un grand apport. Nous étions dans une situation non acceptable mais les niveaux des enfants évoluent, nous pouvons estimer 80 à 90% de réussite » a déclaré Anefwa Uzele, un inspecteur de l’ESPT de Komanda.
L’écho est également favorable du côté de ces enfants qui n’ont pas manqué de témoigner, notamment Josée, une fillette déplacée de 10 ans originaire de Tchabi.
» Avant nous vivions à Tchabi, à cause de la guerre, nous avons d’abord fui à Boga ; là, nous sommes restés quelques mois. Quand ils ont encore attaqué là-bas, nous avons encore fui à Komanda. Ici aussi, nous avons déjà fui deux fois. Nous sommes allés dans l’autre village vers le pont Ituri. L’année dernière, je n’ai pas été à l’école parce que ma mère n’avait pas les moyens de nous envoyer à l’école. Elle a dit qu’elle ne pouvait plus se le permettre ni avoir un travail. Cette année, au début, je ne voulais pas aller à l’école parce que je n’avais pas d’uniforme, de cahier ou de chaussures. J’avais peur que mes amis se moquent de moi. Maintenant, je suis heureuse. Je vais pouvoir étudier car j’ai déjà des cahiers, une mallette, une latte et une paire d’uniformes. Même si j’ai faim, je pourrai étudier. Je remercie Save pour cela », dit-elle.
Malgré le succès de cette expérience, les besoins en éducation sont énormes dans cette région de Komanda où des milliers d’enfants en âge d’être scolarisés ont des difficultés à accéder à une éducation de base de qualité pour de multiples raisons telles que l’inadéquation des écoles face aux besoins, la précarité des parents mais aussi le retard que ces enfants ont accumulé dans leur scolarité suite aux déplacements répétitifs d’une région à l’autre.
« S’il y a un moyen, notre souhait est de faire en sorte que ce genre d’activités puisse se poursuivre et couvrir toute une année scolaire » a de ce fait ajouté l’inspecteur Uzele.
En plus des activités du club d’apprentissage, Save the Children a fourni plus de 2 000 kits scolaires aux enfants déplacés, retournés et autochtones, ainsi que des kits d’enseignement à 94 enseignants. L’ONG a également formé au moins 40 superviseurs, directeurs, inspecteurs et chefs de la division locale de l’éducation sur certains sujets essentiels.
Ce projet d’éducation d’urgence vise à fournir une éducation inclusive de qualité dans un environnement d’apprentissage sûr et protecteur pour les filles et les garçons des familles déplacées, des retournés et des familles d’accueil touchés par la guerre dans la zone de santé de Komanda, en soutien au ministère de l’éducation primaire, secondaire et technique.
En raison de l’insécurité croissante et d’autres abus perpétrés à l’encontre des enfants, des enseignants et des parents, plusieurs écoles de la zone de santé de Komanda dans les territoires susmentionnés ont été contraintes de fermer pour quelques mois, voire quelques années. Les villages de Makayanaga, Mangiva et Komanda dans le territoire d’Irumu n’ont pas échappé à cette situation. Bien qu’il s’agisse de sites mixtes (déplacés et retournés), plusieurs enfants y vivant ont souffert des exactions de la guerre, puis de la situation économique, de la pauvreté des parents qui vivaient de l’agriculture, du petit commerce et de l’élevage mais qui ne peuvent plus le faire à cause de la guerre. Ces situations ont fait qu’aujourd’hui certains d’entre eux ne peuvent plus aller à l’école.
Pour tenter de répondre aux besoins des enfants touchés par ces conflits, Save the Children, sur ses fonds propres, a signé un Memorandum d’entente avec les écoles ciblées et Proved, et le choix de la zone d’intervention a été guidé par le cluster Éducation. Mais les moyens semblent être limités face aux besoins qui se présentent sur le terrain.