La ministre d’État chargée de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, a présenté, vendredi 03 avril, un état des lieux de l’assainissement du fichier de paie du secteur éducatif, à l’issue de la 85ᵉ réunion du Conseil des ministres. Cette opération vise à fiabiliser un système fragilisé par de nombreuses anomalies et à sécuriser notamment le paiement de la prime de gratuité.
Lancé en janvier 2026, ce processus interne de vérification porte sur le fichier élaboré par la Direction nationale de contrôle, de préparation de la paie et de maîtrise des effectifs des enseignants (Dinacope). Il intervient dans un contexte marqué par plusieurs alertes liées à des irrégularités d’ordre administratif, technique et financier, susceptibles d’affecter la fiabilité des données et la régularité des rémunérations.
La ministre a précisé que cette démarche sectorielle ne se substitue pas à l’audit gouvernemental en cours, mais qu’elle en constitue une étape préalable destinée à restaurer la crédibilité du système dans un secteur particulièrement sensible.
En mars 2026, le fichier de paie recensait 700 249 agents rémunérés, dont 624 081 enseignants. Parmi ces derniers, 11 697 relèvent du niveau maternel, 378 017 du primaire et 234 367 du secondaire. À ces effectifs s’ajoutent 7 168 agents administratifs.
Derrière ces chiffres, des dysfonctionnements persistent. En janvier, 32 732 enseignants du primaire avaient été victimes de ponctions irrégulières sur la prime de gratuité, une situation partiellement corrigée dès février grâce à des régularisations.
Malgré ces ajustements, 788 enseignants restaient encore privés de cette prime en mars, tandis que 33 938 autres continuaient de percevoir des montants inférieurs à ceux attendus.
L’examen du fichier a également mis en évidence des paiements indus : 470 enseignants du maternel et du secondaire ont perçu à tort la prime de gratuité, tout comme 148 agents administratifs rémunérés sur des lignes budgétaires à vocation sociale.
Face à ces irrégularités, des mesures conservatoires, administratives et disciplinaires ont été engagées. Elles visent à corriger les anomalies, renforcer les mécanismes de contrôle et responsabiliser les acteurs impliqués. En toile de fond, les autorités entendent préserver la portée sociale de la gratuité de l’enseignement primaire et garantir une gestion plus rigoureuse des finances publiques.
Gloire Malumba