Face à l’épidémie de la maladie à virus Ebola qui touche la province de l’Ituri, le Cadre de Concertation sur les Ressources Naturelles (CdC/RN) plaide pour une riposte fondée sur la confiance des populations et l’adaptation des stratégies sanitaires aux réalités des communautés les plus exposées, notamment celles des zones minières, du lac Albert et des milieux scolaires.
Dans un communiqué de presse rendu public lundi 15 juin à Bunia, signé par son secrétaire permanent Dieudonné Kasonia, le CdC/RN affirme que la lutte contre Ebola ne peut réussir sans une participation active des communautés locales et une communication permanente dans les langues locales.
« La résilience des communautés de l’Ituri est notre principal atout pour surmonter cette épreuve », indique le communiqué, qui appelle également les habitants à rejeter la peur, la stigmatisation et les fausses informations susceptibles de fragiliser les efforts de riposte.
Selon le CdC/RN, des cas suspects auraient été observés dès la fin du mois de février 2026 dans certaines zones minières et enclavées. Ces symptômes auraient été initialement attribués à la consommation du tramadol ou à l’exposition aux produits chimiques utilisés dans l’exploitation artisanale de l’or, avant que la présence du virus Ebola ne soit officiellement confirmée en mai 2026.
L’organisation estime que ce retard dans la détection a favorisé une circulation silencieuse de la maladie dans des milieux où l’accès aux soins et à une information fiable demeure difficile. Elle salue toutefois le travail des équipes de riposte engagées dans la surveillance, la prise en charge des malades et les activités de sensibilisation.
Pour renforcer l’adhésion communautaire, le CdC/RN recommande l’implication directe des chefs des entités territoriales décentralisées, des responsables coutumiers, des leaders religieux, des organisations des femmes et des jeunes, notamment dans l’identification des contacts, les enterrements dignes et sécurisés ainsi que l’évaluation des interventions.
Le Cadre de Concertation préconise également une approche d’éducation populaire basée sur l’écoute des populations, la valorisation de leurs savoirs et la construction collective de solutions adaptées afin de transformer la méfiance en confiance.
Concernant les communautés à forte mobilité, notamment les mineurs artisanaux, les pêcheurs du lac Albert et les enfants, le CdC/RN propose une stratégie spécifique axée sur la sensibilisation par les pairs, l’installation de dispositifs de lavage des mains et de contrôle sanitaire dans les sites d’orpaillage, les débarcadères et les écoles, ainsi que la distribution de kits de prévention accompagnés de messages adaptés aux réalités locales.
Le communiqué recommande enfin la présentation régulière des personnes guéries d’Ebola pour encourager la confiance envers les centres de traitement, l’organisation de dépistages volontaires de proximité dans les zones à risque et une meilleure structuration des centres de prise en charge selon le niveau d’évolution des cas.
Le CdC/RN réaffirme sa disponibilité à accompagner les autorités sanitaires et les partenaires dans la mise en œuvre de ces recommandations, estimant qu’une réponse « profondément humaine, transparente et enracinée dans la communauté » demeure indispensable pour venir à bout de l’épidémie.
Joël Heri Budjo