Les représentants des confessions religieuses n’ont pas trouvé unanimement de consensus autour du nom du futur président de la Commission électorale nationale indépendante. Divisés par leurs divergences, ils ont fini par se scinder en deux camps opposés, chaque camp défendant clairement sa propre voie pour aboutir au nom du remplaçant de Corneille Nanga.
La plateforme des religieux n’a pas servi, ou presque, la fumée blanche attendue par des millions des Congolais à travers la République. Au contraire, mardi 27 juillet, le peuple a assisté à un feuilleton peu ordinaire aux allures de l’épisode vécu lors du choix de Ronsard Malonda à la tête de la centrale électorale, en 2020.
Preuve du malaise entre les représentants religieux, au terme de plusieurs heures des discussions sans aucune issue favorable, six confessions religieuses ont quitté « précipitamment » le siège de la CENCO. Un peu plus tard dans la soirée, cette fois au siège de la Commission pour l’intégrité et la médiation électorale (CIME), elles ont annoncé avoir désigné le candidat de la plateforme qui deviendra président de la Commission électorale indépendante (CENI). Et, curieusement, cette décision a été prise en l’absence de l’Eglise catholique (CENCO) et de l’Eglise du Christ au Congo (ECC).
Mettant en avant le timing trop serré comme l’une des raisons majeures, le pasteur Dodo-Israël Kamba, président et représentant légal de l’Eglise du Réveil du Congo, qui fait partie des participants qui ont déserté le siège de la CENCO, a expliqué qu’ils ont été « obligés » d’agir par rapport à leurs responsabilités et surtout de terminer le travail entamé depuis plusieurs mois. « Nous avons désigné un candidat. Vous aurez les échos au niveau de l’Assemblée nationale. Nous allons amener les PV à l’Assemblée nationale » a-t-il dit.
Et sur l’absence de deux autres confessions lors du choix du futur président de la CENI, le pasteur a rassuré que cela ne signifie pas qu’il existe un quelconque conflit. Pour Dodo-Israël Kamba, Ils sont «un corps » en tant que confessions religieuses. « Nous reconnaissons le droit à chacune des confessions de prendre une position, de se retirer devant une position à prendre. Mais cela ne nous empêche pas de suivre ce que notre charte indique. C’est sur base de ça que nous sommes partis. Ce qui nous a permis d’achever le travail », a-t-il tenté de se justifier.
Pourtant, il semble que la CENCO et l’ECC voulaient rester sur le principe d’une décision par « consensus », comme ils l’ont expliqué en quelques mots aux journalistes surpris par la tournure des événements et qui voulaient comprendre le fond du problème.
En effet, à la presse qui campait au siège de la CENCO dans l’attente du résultat final, il a été répondu « qu’il était juste question d’une suspension de séance, en attendant d’obtenir des éléments d’informations supplémentaires sur certains candidats ». Et de plus, pour les deux grands absents «un PV établi le soir du mardi 27 n’engagerait pas la plateforme des confessions religieuses ».
Il sied de noter que les confessions religieuses qui ont participé à ce processus de désignation du futur président de la CENI sont, l’Eglise orthodoxe au Congo, l’Eglise de Jésus Christ sur la terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu (EJCSK), la Communauté islamique en RDC (COMICO), l’Eglise du Réveil du Congo (ERC), l’Union des églises indépendantes du Congo (UEIC) et l’Armée du Salut. Cependant, malgré l’annonce de la désignation du futur président de la CENI, le groupe de six s’est refusé de révéler le nom de l’heureux «choisi».
Néanmoins, certaines sources indiscrètes parlent de Denis Kadima, réputé proche du Chef de l’Etat congolais Félix Tshisekedi. Ce qu’évidemment l’intéressé a déjà démenti à maintes reprises, arguant « qu’il a un CV qui parle pour lui ».
La situation peu ordinaire de la soirée de ce mardi a encore écorné un peu plus l’image des représentants des confessions religieuses car incapables de trouver un candidat consensuel malgré toutes les heures passées à échanger. À deux ans des scrutins, la suite s’annonce passionnante et pleine des rebondissements. What’s next ?