La Lucha déplore la cécité et l’amnésie de certains leaders religieux et politiques actuels et annonce dès ce jeudi « des grandes manifestations »
La Lucha condamne les pressions, intimidations et menaces subies par les responsables des confessions religieuses de la part de personnalités proches du pouvoir, pour les obliger à désigner un candidat contre leur gré et annonce dès ce jeudi 5 août de grandes manifestations.
« Nous avons appris avec regret, mais sans surprise, l’absence de consensus autour de la désignation du prochain président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) », déclare le mouvement citoyen. Pour lui, les auteurs des intimidations et des tentatives de corruption à l’encontre des religieux porteront l’entière responsabilité de l’impasse actuelle, et devraient, dans un État sérieux , être poursuivis par la justice.
Par ailleurs, pour la Lucha, il est impératif d’avoir un processus rigoureux de désignation des animateurs de la CENI, qui devrait aboutir au choix des personnalités qui se distinguent par leurs compétences reconnues et leur éthique irréprochable. Selon le groupe pro-démocratie, « c’est la garantie d’un processus crédible ».
À l’en croire, le blocage actuel va au-delà des confessions religieuses et touche toutes les composantes qui devraient désigner les membres du bureau de la CENI. Sur ce, la Lucha dit avoir pris note des déclarations successives du Front commun pour le Congo (FCC), de la plateforme Lamuka, de l’Union pour la nation congolaise (UNC) et d’Ensemble pour le changement et constate que toutes ces composantes se réservent le droit de désigner leurs représentants au sein du bureau de la CENI et appellent à un consensus national sur les prochaines élections.
« La crise actuelle trouve ses racines dans la loi organique portant organisation et fonctionnement de la CENI, qui a politisé la CENI, au mépris des recommandations des différentes organisations de la société civile et des partis politiques » note la Lucha.
Elle déplore ce qu’elle qualifie de « cécité et d’amnésie » dont semblent souffrir les leaders religieux et politiques de la RDC. « Au lieu de tout faire pour éviter les erreurs du passé, ils semblent résolument engagés à les répéter, au mépris des nombreux martyrs qui ont payé de leur sang le prix d’une liberté, d’une démocratie toujours attendue » s’inquiète le mouvement citoyen.
Il insiste également sur le fait que la constitution actuelle nous rappelle combien le manque de légitimité a coûté à la RDC en termes d’instabilité et de vies humaines. « Le peuple congolais ne tolérera pas les atermoiements d’une élite politique, sociale et religieuse égoïste et déconnectée qui n’hésite pas à mettre le pays en crise pour protéger ses intérêts » déclare la Lucha, appelant les différentes forces vives de la nation à se mobiliser pour des manifestations pacifiques devant l’Assemblée nationale et dans différentes villes. Selon lui, il s’agit « d’exiger un consensus plus large », pour des élections libres, démocratiques et pacifiques.
À cet effet le groupe appelle à une manifestation spontanée le lundi 2 août 2021 devant l’Assemblée nationale et à de grandes manifestations à partir du jeudi 5 août 2020 devant le Palais du peuple et dans différentes provinces.
Par Lwanzo Kasoki, Kinshasa.