RDC : La CENCO outrée par les propos «désobligeants » d’Augustin KABUYA et rappelle que la violence tue la démocratie qu’elle remplace par la dictature
La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) s’est indignée dans un communiqué, lundi 2 août, suite aux propos tenus par le secrétaire général du parti au pouvoir, qu’elle juge désobligeants à l’égard de l’archevêque de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo.
« Le samedi 31 juillet 2021, nous avons été consternés de voir sur la toile une vidéo montrant le secrétaire général de l’UDPS, M. Augustin KABUYA, tenir des propos désobligeants à l’encontre de son Eminence le Cardinal Archevêque de Kinshasa et de notre secrétaire général les accusant entre autres de politiser l’Eglise », ont déclaré les membres du comité permanent de la CENCO.
Ils ont également épinglé les actes de vandalisme, accompagnés d’insultes macabres, commis au lendemain de la sortie d’Augustin Kabuya, à l’archevêché de Kinshasa et à la résidence du cardinal par un groupe de jeunes non autrement identifiés qui, « dans leur discours ont repris certains des propos du secrétaire général de l’UDPS », ont-ils dit.
« Notre peine est d’autant plus grande que tous ces actes démontrent une haine contre l’Eglise catholique », ont déclaré ces membres qui expliquent qu’à leur connaissance, le cardinal n’a pas pris de position qui ne soit pas celle de la CENCO dans le cadre de sa mission prophétique.
A cet effet, la CENCO condamne fermement ces actes de violence inadmissibles qui constituent « une grave atteinte à la liberté et à l’expression religieuse, mais aussi une atteinte à la démocratie ». Avant de préciser que pour elle, il s’agit d’une grande régression sur le chemin de l’État de droit auquel aspire le peuple congolais.
« Pourquoi attaquer la CENCO quand elle prêche la cohésion nationale ? Pourquoi l’attaquer lorsqu’elle défend l’indépendance de la Commission électorale indépendante (CENI) ? », s’interroge le groupe des représentants de l’Église catholique en RDC.
La CENCO, qui déclare que la violence tue la démocratie, qu’elle remplace par la dictature, insiste sur le fait qu’elle ne fait que remplir sa mission prophétique dans la recherche du bien-être du peuple congolais. « Tout en condamnant ces actes ignobles, nous demandons à nos fidèles chrétiens et aux défenseurs de la démocratie de ne pas réagir violemment. La violence est l’arme de ceux qui manquent d’arguments dans un débat démocratique et civique », déclare-t-elle.
La CENCO demande aux commanditaires de ces actes de cesser et au Gouvernement de la République de prendre en main cette situation en identifiant ces inciviques qui, motive-t-elle, ont opéré au grand jour afin qu’ils soient sévèrement punis et que de telles attaques ne se reproduisent plus.
Elle réitère enfin son engagement à continuer à accompagner le peuple congolais dans « la consolidation de la démocratie et l’amélioration de ses conditions de vie ». Et la CENCO insiste sur le fait que « pour l’amour du peuple congolais, elle ne se taira point ».
Par Lwanzo Kasoki, Kinshasa.