RDC – CENI : Pour Fayulu et Muzito, Il y a une détermination morbide de M. Tshisekedi de mettre en place un bureau acquis à sa cause
Au cours d’une session d’évaluation de la situation politique actuelle en République Démocratique du Congo faite le 16 août, le présidium de la plateforme de l’opposition de LAMUKA est revenu sur le problème épineux de la désignation des futurs animateurs de la commission électorale nationale indépendante (CENI) ainsi que la loi organique promulguée.
« Il y a une détermination morbide de M. Félix Tshisekedi de mettre en place un bureau de la CENI totalement politisé et acquis à sa cause ont d’emblée déclaré les deux figures de proue de la plateforme, Martin Fayulu et Adolphe Muzito.
Les deux opposants radicaux, qui affirment qu’après avoir usurpé la souveraineté du peuple congolais en janvier 2019, M. Tshisekedi a poursuivi sa marche contre la Constitution en nommant illégalement les juges de la Cour constitutionnelle en juillet 2020, accusent également le président de la chambre basse du parlement, Christophe Mboso, d’être « manifestement instrumentalisé pour préparer le glissement et la fraude électorale ».
« Pour s’assurer le contrôle de toute la chaîne électorale, il veut maintenant nommer la personne qui publiera les résultats provisoires après avoir nommé celle qui publiera les résultats définitifs » ont averti Fayulu et Muzito, rappelant que le Président de la République a détourné en décembre 2020, les équilibres fabriqués au sein du parlement.
Les deux affirment que la loi organique sur la CENI promulguée au Journal officiel n’est pas le fruit d’un consensus entre toutes les parties prenantes et qu’elle est taillée sur mesure avec un bureau déséquilibré et trop politisé.
Fayulu et Muzito, qui protestent, expliquent que ceci est à l’origine de la confusion qui entoure la mise en place des organes de la CENI dans le cadre de cette loi inique, contestée par la majorité des acteurs.
Le présidium de Lamuka, qui appelle à la révision urgente de la loi organique de la CENI, propose un consensus entre toutes les parties prenantes sur les réformes institutionnelles afin de sortir de l’impasse actuelle car, disent-ils, «la CENI est une institution citoyenne qui doit servir l’intérêt général et ne peut être contrôlée par aucune des parties prenantes aux élections ».
« Le peuple congolais attend impatiemment les élections transparentes et apaisées en 2023. Aucune fraude et aucun glissement ne seront tolérés » insistent Martin Fayulu et Adolphe Muzito, qui annoncent prochainement une marche nationale sur toute l’étendue du pays pour exiger des réformes institutionnelles consensuelles sur l’ensemble des questions électorales.