Exploitation illégale des minerais en RDC : Clash entre l’ambassadeur de Chine et un ancien envoyé spécial américain dans la région des Grands Lacs
Peter Pham, ancien envoyé spécial américain dans la région des Grands Lacs, est revenu jeudi sur son compte Twitter sur les petites frictions qui existent entre Kinshasa et Pékin après que six sociétés minières opérant au Sud-Kivu, dans l’est du pays, ont été suspendues par les autorités congolaises.
« Les autorités chinoises ont ordonné à six sociétés minières suspendues par la RDC de cesser complètement leurs activités et de quitter la province du Sud-Kivu dans les plus brefs délais. Une mesure qui démontre le sentiment de vulnérabilité de la Chine alors que la présidence congolaise réexamine les contrats passés » a-t-il écrit.
Authorities in #China?? ordered six mining firms suspended by the #DRC?? to "stop their business completely and leave South Kivu province as soon as possible" – an action pointing to China's sense of vulnerability as @Presidence_RDC reviews past contracts.https://t.co/fiocGxNeIW
— Dr. J. Peter Pham ?? (@DrJPPham) September 16, 2021
Une réaction qui intervient alors que le diplomate américain, avait déjà eu à aborder sur la toile cette question des contrats miniers, reprenant simplement l’extrait d’un article publié par le magazine Jeune Afrique.
Citant le magazine, Peter Pham avait indiqué que : « Félix Tshisekedi, soutenu par les Américains, s’est engagé à revisiter tous les contrats signés sous son prédécesseur Joseph Kabila, y compris ceux signés avec les Chinois ». Le bilan est révélateur, avait-il commenté.
Par ailleurs, le 6 septembre, sur son même compte Twitter, et se référant à un autre article, l’Américain écrivait que le gouvernement de la RDC, instruit par la présidence, entendait prendre de nouvelles mesures pour mettre fin à l’exploitation illégale dans les sites miniers de l’Est par des opérateurs étrangers, notamment les chinois.
Face à l’instance du diplomate américain, l’ambassadeur de Chine en République démocratique du Congo est finalement sorti de ses gonds. Reprenant une des publications de Peter Pham, Zhu Jing a rappelé que parmi les sociétés suspendues pour exploitation illégale, il y a aussi au moins une société minière américaine. « Parmi les sociétés minières soupçonnées d’exploitation illégale dans la province du Sud-Kivu, il y a au moins une société américaine. L’administration américaine va-t-elle également prendre des sanctions comme l’a fait l’administration chinoise ? » a demandé le représentant de Pékin, avant de souligner que ceux qui sont vraiment forts doivent assumer leurs responsabilités.
Parmi les entreprises minières soupçonnées d'exploitation illégales en?? Sud-Kivu, il y a au moins une ??. Est-ce que les administrations?? vont aussi prendre des sanctions comme le font les administrations??? Ceux qui sont vraiment forts doivent assumer leur responsabilité. https://t.co/EufMSKe0gC
— Zhu Jing 朱京 (@Amb_ZhuJing) September 17, 2021
Un échange qui semble à première vue anodin. Mais les analystes au fait des relations tumultueuses entre les deux Etats craignent que la RDC ne devienne un autre champ de bataille pour ces « deux éléphants ». Il suffit de faire un tour sur les commentaires sous les publications de ces deux diplomates pour comprendre que les Congolais ne souhaitent pas que le dossier de l’exploitation illégale des minerais au Sud-Kivu ne devienne un prétexte à un énième conflit sino-américain.
Par la Rédaction