RDC : Un mercredi de toutes les vérités à l’Assemblée nationale où le ministre Kibassa Maliba s’expliquera sur la taxe RAM
Par Adrien Ambanengo et Lwanzo Kasoki, CongoRassure
Les députés de l’union sacrée de la Nation USN, regroupés derrière Félix Tshisekedi, ainsi qu’une grande partie de l’opinion congolaise, ne cachent pas leur mécontentement engendré par l’épineuse question de la taxe RAM. Après avoir tenté, mais en vain, de sauver « le soldat » Kibassa, en convoquant d’urgence une réunion des députés de l’USN, Christophe Mboso, impuissant face à la détermination des élus nationaux, a dû se résigner en laissant son cabinet annoncer que ce membre du gouvernement était attendu au palais du peuple ce mercredi.
La question de la RAM tant débattue et analysée sous presque toutes les coutures depuis plusieurs mois et qui demeure à la base de nombreuses revendications, repart pour un tour dès ce mercredi à la chambre basse du parlement.
A la question de savoir ce qu’attendent réellement les Congolais, lassés de cette taxe jugée inappropriée et inexpliquée, et les députés nationaux, les deux catégories majoritairement donnent une réponse limpide et quasi uniforme qu’elles disent attendre du ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (PTN-TIC), qui n’est autre que : « la suppression ».
Reste cependant à savoir si le gouvernement fera preuve de souplesse et jugera de la nécessité de la suppression de cette taxe pour calmer les esprits déjà surchauffés et éviter qu’il y ait des frondes dans les rangs de la coalition au pouvoir.
Il est en effet difficile d’avoir une lecture claire pour l’instant quant à la posture que va adopter l’exécutif central, quand on sait que lundi soir lors d’une réunion convoquée expressément pour la circonstance, le vice-président de l’assemblée nationale et haut cadre du parti au pouvoir, cité par le magazine Jeune Afrique, s’est montré dubitatif, déclarant qu’il fallait effectivement répondre aux souhaits de la population, mais aussi qu’il estimait que la majorité surtout ne devait pas perdre la face dans cette affaire, commentant qu’il fallait faire une sortie honorable.
D’après Jean-Marc Kabund, ce très proche collaborateur du Président de la République, dans le dossier de la taxe RAM, il n’y a pas que la technique, il y a aussi la politique. « Si aujourd’hui on dit arrêtons cette taxe RAM, qui va gagner ? », a demandé Kabund, cité une nouvelle fois par Jeune Afrique, aux députés de l’Union sacrée de la nation réunis en urgence.
Tout porte à croire que le gouvernement ne cédera pas facilement à la volonté de la représentation nationale, dont une partie importante a d’ailleurs assuré pour sa part qu’elle ne baissera pas les bras de sitôt. C’est le cas notamment du député Juvénal Munubo Mubi, élu de l’Union pour la Nation Congolaise de l’ancien directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, qui aux premières heures de ce mardi a confirmé que le ministre Augustin Kibassa Maliba est à nouveau attendu, ce mercredi 13 octobre, à l’Assemblée nationale.
Presque satisfait de la tournure actuelle des événements suite à l’annonce de la venue du ministre Kibassa au palais du peuple, il a indiqué que le membre du gouvernement sera devant la représentation nationale afin de répondre aux différentes préoccupations soulevées par les députés nationaux, sur la taxe du registre des appareils mobiles (RAM), lors de la dernière plénière.
L’élu de Walikale au Nord-Kivu, revenant sur la réunion organisée dare-dare dans la soirée de lundi à l’hôtel Fleuve Congo avec certains députés de l’USN, a affirmé qu’il n’est pas abattu par les négociations politiques. Juvenal Munubo assure s’en tenir à son souhait initial, formulé également lors de la réunion du lundi : « la suspension (moratoire) du projet RAM et la constitution d’une commission d’enquête parlementaire pour élucider la question de la traçabilité des fonds collectés par la taxe RAM ».
#RDC:Dossier #RAM
Dans l'attente de la prochaine plénière,je suggère:
1. La suspension (moratoire) sur le projet #RAM
2. La constitution d'une Commission d'enquête parlementaire pour élucider la question de la traçabilité des fonds collectés à travers la taxe #RAM .-JM— Juvénal MUNUBO (@juvenalmunubo) October 12, 2021
La taxe qui ne fait pas l’unanimité
La dynamique des hommes et des femmes du Mouvement national des consommateurs lésés (MNCL), ne cesse, de son côté aussi, de demander la suppression de cette taxe jugée illicite. « Si cette taxe RAM ne tombe pas au parlement, pour cause d’appartenance politique du ministre Kibassa Maliba, cela aura des conséquences même sur le peu de crédibilité attribué au régime actuel », s’est exprimé un consommateur lésé.
A côté de ces réactions, Claudel André Lubaya et Nehemie Mwilanya se sont également exprimés, s’opposant clairement à la taxe RAM. Le premier estime que toute les explications du monde ne suffiront pas à justifier le maintien de la taxe RAM dont la suppression pure et simple est indispensable pour rétablir la confiance. «C’est l’occasion pour nous, USN, d’éviter de ramer à contre-courant des attentes des citoyens ».
Pour le second, resté fidèle à l’ancien Président Joseph Kabila, « la taxe RAM et les jeeps palissades discréditent totalement les politiques publiques tant vantées du Gouvernement : le peuple d’abord et la lutte contre la corruption. Au-delà de la motion de censure, c’est tout le régime qui perd sa légitimité ».
Et lors du dernier meeting en date du tandem Fayulu-Muzito, deux leaders de la coalition d’opposition Lamuka et deux acteurs politiques majeurs dans la sphère politique congolaise, l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito, devenu opposant, s’est également rangé du côté de nombreuses personnes qui veulent et exigent la suppression de la taxe RAM.