RDC : L’ODEP accuse l’IGF de faire l’apologie de la mauvaise gestion et du gaspillage financier à la Présidence de la République
Par la Rédaction , CongoRassure
L’Observatoire des dépenses publiques (ODEP) accuse l’Inspecteur général des finances, Jules Alingete de faire l’apologie de la mégestion des finances publiques et de couvrir la gabegie financière à la Présidence de la République, devenue, selon lui, le symbole des dépassements budgétaires pour cause de mauvaise gestion.
Dans un communiqué rendu public le lundi,, l’ODEP estime que la déclaration de l’Inspecteur général de l’IGF et chef de service, Jules Alingete lors du point de presse conjoint avec le Porte-parole du Gouvernement, a vidé de sa substance la crédibilité dont jouissait jusque-là cet organe supérieur de contrôle.
Pour l’ODEP, il est urgent de réhabiliter la Cour des Comptes pour contrôler avec efficacité et indépendance les finances publiques, conformément à l’article 180 de la constitution.
Ainsi, il juge l’IGF de » propagandiste politique, de politicien, de militant, ancien membre des cabinets de Samy Badibanga, Bruno Tshibala et de Mme Acacia dont l’origine politique commune est connue et aujourd’hui proche collaborateur de Félix Tshisekedi « .
Pour l’ODEP, Jules Alingete couvre la mauvaise gestion, car, explique-t-il, les dépassements de budget à la Présidence de la République ne sont pas accidentels. Ils sont devenus une culture et un mauvais exemple venu d’en haut pour tous les gestionnaires des finances de l’État dans tout le pays.
« A la fin du mois de septembre, par exemple, plusieurs institutions ont épuisé leur budget annuel. La présidence a dépensé 253,7 millions de dollars contre un crédit voté de 159,8 millions de dollars, soit un dépassement de 93,9 millions de dollars, ou 111%. En 2020, la même institution avait connu des dépassements : 177,8 millions de dollars utilisés contre une prévision de 158,9 millions de dollars 5, soit un dépassement de 18 millions de dollars », rappelle l’ODEP.
Ces crédits sont justifiés, indique l’ODEP, en partie par la pléthore de personnel politique recruté à la présidence de la République. De 445 en 2019 à 1 018 en 2021 ; et bientôt 1 096 en 2022, précise-t-il.
Par ailleurs, l’ODEP souligne qu’une dizaine de services publics budgétaires ont été créés sur la même période et rattachés à la Présidence, jouant le même rôle que l’administration publique et même le gouvernement légalement investi par le Parlement. Ainsi, depuis août 2021, la Présidence engage des dépenses sans que les fonds soient disponibles.
En conséquence, fustige la structure, l’inspection générale des finances, censée contrôler l’escroquerie à ciel ouvert de 266 millions collectés entre janvier et juillet 2021, garde un silence coupable, d’autant plus qu’elle est sous la tutelle des bénéficiaires de cette fraude.
Après le contrôle des entreprises publiques égale avant le contrôle
« Dans un passé récent, nous avions acclamé le contrôle des entreprises publiques. Dans ses rapports, l’Igf a relevé des cas présumés de mauvaise gestion. Aujourd’hui, force est de constater que les agents intérimaires nommés continuent les mêmes pratiques sous la supervision des inspecteurs. En ce qui concerne les avantages et les indemnités, rien n’a changé. Les entreprises publiques continuent à être ruinées. Ce qui se passe à la SCTP (Société commerciale des transports et des ports) en est une illustration », déplore l’ODEP, qui explique que le contrôle financier est devenu une arme redoutable pour placer des proches de la coalition au pouvoir à la tête des entités publiques.
Enfin, l’Observatoire de la dépense publique demande au Président de la République de mettre fin à ces mauvaises pratiques de gestion des finances publiques qui sont devenues pérennes au sommet de l’État depuis janvier 2019 jusqu’à ce jour. « C’est un mauvais exemple donné aux autres gestionnaires des finances publiques du pays ».
Et de poursuivre, qu’il faut aussi mettre fin à la campagne d’apologie de la mauvaise gouvernance que son collaborateur de l’IGF vient de lancer. « C’est une campagne qui vise à minimiser et à dédramatiser les actes de mauvaise gestion. C’est une campagne à but électoral. Produisez un rapport visible et valable avant de penser aux prochaines élections » commente l’organisation.
L’ODEP demande en outre au Président, de recadrer Jules Alingete et surtout le sanctionner pour avoir propagé la culture de l’acceptation des actes de mauvaise gestion auprès de la population qui n’est pas suffisamment informée du contenu des dispositions constitutionnelles et légales qui protègent les finances de l’État ;
« Réduire le coût de la vie de l’institution de la Présidence de la République, dont les crédits ont été augmentés de 100 millions de dollars dans la loi de finances 2022, réhabiliter en urgence la Cour des comptes, laisser l’IGF qui fait un contrôle administratif, fonctionner…. » sont autant des recommandations formulées par l’observatoire