Départ de l’ECC et de la CENCO de la plateforme des confessions religieuses : Pour Kahindo Muhesi, «cela ouvre la voie à la modification de l’article 10 de la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI »
Le retrait de la CENCO et de l’ECC de la plate-forme des confessions religieuses de la RDC ouvre la voie à la modification de l’article 10 de la loi portant organisation et fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) par les législateurs congolais.
C’est l’analyse du professeur Kahindo Muhesi Augustin, enseignant universitaire à la Faculté des sciences sociales, politiques et administratives. Il a fait cette analyse au lendemain de la suspension de la participation de l’église catholique aux activités de cette structure.
Cet enseignant universitaire estime qu’après le retrait des confessions religieuses de l’Église du Christ au Congo (ECC) et de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), trois modes sont possibles pour l’organisation des élections.
« La RDC pourrait avoir la possibilité de recourir au ministère de l’Intérieur. Cela violerait l’esprit et la lettre des accords signés à Sun City. En même temps, si nous choisissons ce mode, nous devons déjà avoir un ministère de l’Intérieur suffisamment préparé pour assurer l’organisation des futures élections en toute indépendance et technicité », note le professeur Kahindo Muhesi.
Il poursuit qu’en dehors de ce mode, « on peut toujours garder le mode mixte qui consiste à associer la classe politique et la société civile. Mais aussi essayer de repenser les stratégies, le mode du mécanisme par lequel les acteurs seront désignés au sein des plateformes ».
Ce politologue ajoute qu’à défaut, la RDC pourrait choisir un mode indépendant. « Celui-ci consiste à confier l’organisation des futures élections à des organes paritaires indépendants. Pour en arriver là, il faut modifier la constitution. Ce qui n’a pas encore été fait », explique-t-il.
Par ailleurs, cet analyste politique estime que le retrait de l’ECC et de la CENCO ouvre la voie à la modification de l’article 10 de la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI.
« Si ce retrait persiste, il faudrait qu’au cours de la prochaine législature qu’on puisse absolument modifier la loi sur l’organisation et le fonctionnement de la CENI. Car c’est l’article 10 de cette loi qui associe les confessions religieuses ainsi que la société civile », pense le professeur Kahindo Muhesi.