Prise de bec au Palais du Peuple : Le président de l’Assemblée nationale traité de « voyou » par un élu
« Voyou », « délinquant », ces mots ont choqué plus d’une personne vendredi à l’assemblée nationale où l’ambiance a été électrique après que le député national Delly Sesanga a critiqué sans ménagement la gestion de la question du budget 2022, condamnant la « délinquance financière » de l’exécutif central.
Le mot « délinquance financière » choisi sciemment par le député Sesanga pour qualifier la gestion de la question du Budget par le gouvernement Lukonde, a fait bondir de colère Christophe Mboso. Et clairement cela a été loin d’être du goût du président de l’assemblée nationale, car à son tour, bien que tentant vainement de cacher son agacement, n’a pas pris de gants pour demander à l’élu national de retirer ce mot.
Et suite au refus catégorique de monsieur Sesanga d’obtempérer à la demande de sieur Mboso, à la surprise générale, le président de la chambre basse connu pour ses mots cash, a lâché : « Retirez ces propos… C’est vous qui êtes délinquant alors ».
Interrogé au sortir de l’hémicycle sur cette prise de bec, Delly Sessanga a à son tour déclaré à la presse : « C’est un voyou, Mboso, c’est un voyou ».
A noter que lors de son intervention à la tribune, Delly Sesanga a déploré le fait que le pays ne dispose pas d’une loi de finances. Selon lui, tout se fait dans la délinquance financière. « Une gouvernance en col blanc de ceux qui gouvernent ce pays. Le parlement fait semblant de faire une loi de finances, que le gouvernement détricote derrière. Dans ces conditions, le peuple congolais ne peut rien attendre d’un budget qui est voté dans ces conditions si on ne sanctionne pas ceux qui gouvernent et détournent les fonds qui sont alloués au parlement vers des tâches d’intérêt collectif « , a déclaré Sesanga.
Il estime que le parlement est devenu une religion avec un pape qui ne croit en rien. Pour lui, c’est un parlement où le débat n’a pas lieu. « On m’a retiré la parole pour avoir dénoncé la délinquance des pouvoirs publics dans le détournement des fonds publics par rapport aux missions qui leur sont confiées. C’est d’une extrême gravité dans un pays démocratique », a déclaré le député.