RDC : Nous sommes restés longtemps prisonniers des modèles coloniaux moins adaptés à l’évolution actuelle du monde (Julien Paluku)
L’autorité morale du Bloc Uni pour la Renaissance et l’Emergence du Congo a procédé au lancement officiel des travaux du deuxième congrès de ce parti politique en ville de Bukavu, au Sud-Kivu, mercredi 8 décembre 2021.
Dans son discours d’ouverture, Julien Paluku Kahongya a brièvement soulevé les questions relatives au Leadership Transformationnel pour l’Afrique et plus particulièrement pour la République Démocratique du Congo.
« En effet, nous sommes restés longtemps prisonniers des modèles coloniaux bons pour une époque mais à mon avis moins adaptés à l’évolution actuelle du monde. Ainsi par exemple, nous avons nos économies basées sur la production et les exportations », fait savoir l’autorité morale du BUREC.
Pour lui, les expériences acquises des colons ne s’adaptent pas aux réalités locales, au point qu’à la fin d’un cycle, beaucoup d’élèves ou d’étudiants ne savent pas exactement en quoi sont-ils utiles à la société.
Et pourtant, les pays qui nous les ont légués ont pris des siècles pour les expérimenter avant d’en faire des modèles. Aujourd’hui ces systèmes passés sous les filtres des essais-erreurs ailleurs, nous sont imposés sans être passés par les mêmes filtres d’expérimentation chez nous, nuance cet acteur politique.
Il indique que la conséquence de ces acquis occidentaux sur les pays africains, c’est de mettre en pratique des systèmes politiques avec la même vitesse que ceux qui les ont expérimentées pendant 100 ou 200 ans.
Le risque qui apparaît est que nous sommes comme dans le Bateau Titanic qui heurte un Iceberg, et ainsi obligés de nous jeter à l’eau sans avoir suivi un seul entraînement de natation. Il s’en suit comme tout le monde peut s’y attendre la noyade collective. C’est ça l’Afrique, c’est ça, parfois, la RDC, note Julien Paluku.
Ce dernier déclare qu’il suffit que celui qui détient la perfusion l’arrête pour que mort s’en suive. « C’est ça nos pays africains, difficiles de se détacher des perfusions devenues permanentes. Voilà pourquoi, ma contribution ce jour comme l’un des acteurs politiques congolais, c’est d’appeler réellement à Un Leadership Transformationnel pour nos pays africains », poursuit-il.
L’autorité morale du BUREC explique que ce leadership se veut transformateur parce qu’il doit entraîner des changements radicaux positifs, il doit porter sur l’innovation pour contribuer à la transition vers la durabilité.
« Il s’agit pour les dirigeants africains d’apprendre à apprendre, d’opérer un certain nettoyage des croyances, de savoir élargir les horizons, de voir au-delà de leurs intérêts pour envisager ceux d’autrui, de la société et de la collectivité. Cela nous manque pour innover et agir différemment. La conséquence c’est de marquer les pas sur place depuis les indépendances jusqu’à ce jour », préconise Julien Paluku.
Martin Leku