Gestion chaotique de l’assemblée nationale : Le collectif des députés des vingt-six provinces accuse Christophe Mboso
Le président de l’Assemblée nationale Christophe Mboso KODIA est appelé par le Collectif des députés nationaux des 26 provinces à rétablir l’ordre dans la chambre basse du parlement dans les meilleurs délais.
Ce groupe de parlementaires l’a fait savoir dans un communiqué de presse signé le jeudi 27 janvier 2022 par son Coordonnateur IRACHAN Gracien de Saint-Nicolas.
Ces députés nationaux qui ont rappelé d’emblée que la chambre basse du parlement n’est en aucun cas aux ordres du Président de la République, ont appelé leurs collègues qui sont encore dans la capitale congolaise, à prendre part à une réunion ce vendredi 28 janvier 2022.
Au cours de cette rencontre qui se tiendra au Palais du peuple et qui portera sur la réflexion et le débat en tant qu’homme d’État libre autour de la gestion chaotique de l’Assemblée nationale, les députés discuteront également au-delà de la perte du pouvoir législatif de l’Assemblée nationale, qui selon le C26 est considérée actuellement comme un sous-traitant de l’Institution du Président de la République.
Le collectif, qui pointe directement la responsabilité de Christophe Mboso, l’accuse de neutraliser et de manipuler les autres membres du Bureau et les organes de l’Assemblée nationale, notamment les Commissions et Groupes parlementaires. Il est également accusé d’entretenir à dessein l’absence de réunions de la Conférence des présidents, ce qui entraîne un déséquilibre dans la prise de décision.
« La manipulation et la mauvaise gestion des députés nationaux de l’opposition, la complicité entre le président de l’Assemblée nationale et le gouvernement sur les questions liées au massacre de l’est du pays et la collecte illégale de la taxe RAM, le réseau mafieux de détournement de fonds entre le président de l’Assemblée nationale et l’Afriland Bank, qui s’est même substituée au bureau de la Questure sur certaines questions financières… » sont également les accusations contenues dans le document publié par le C26.
Celui-ci pointe également le problème du détournement des dépenses de fonctionnement de l’Assemblée nationale pour d’autres activités politiques, « notamment la mobilisation des délinquants pour des manifestations populaires et la contrainte des élus à voter selon les intérêts du Président et de ses alliés de l’ombre ». Selon lui, il faut également éradiquer la tolérance de la gestion financière délinquante dans les différentes institutions de la République, principale cause du chaos généralisé dans le pays.
« La gestion des initiatives liées aux moyens et contrôles parlementaires selon l’humeur et l’intérêt. Près de 95% sont bloqués et soupçonnés de trafic d’influence pour obtenir des moyens financiers illicites comme la corruption; près de 16 véhicules Hyundai Palisade ont disparu, déclarés avoir été remis à l’Institution Président de la République, en plus d’un lot qui a été détourné; des agressions répétées et une mauvaise assistance médicale contre les Honorables Députés nationaux sur tout le territoire national. Raison de la mort de certains élus ; manque de courtoisie envers les Honorables Députés Nationaux dans la présidence des séances plénières; la gestion de la signature de l’Honorable Président sur la base des humeurs et des règlements de compte; Le refus d’autorisation de sortie ou de départ en mission; Le choix en fonction des intérêts et de la proximité des bénéficiaires et l’absence d’un Cabinet digne d’un Président de l’Assemblée nationale » sont quelques autres dysfonctionnements déplorés par ces élus nationaux.
Toutefois, ces élus du peuple donnent à leur président Christophe Mboso 3 jours pour rétablir l’ordre à l’Assemblée nationale, et préviennent que le dépassement de ce délai entraînera la convocation d’une session extraordinaire pour révoquer tous les membres du bureau de la chambre basse du parlement.
Le coordonnateur du collectif des députés Irachan Gracien de Saint-Nicolas souligne également qu’ils doivent être respectés au nom du principe de la séparation des pouvoirs dans les 4 institutions de la République. Si le chef de l’État les coordonne, il n’est pas le chef du Parlement ou de l’Assemblée nationale. « L’institution du Parlement n’est plus respectée, il est nécessaire de clarifier cette question car nous constatons une confusion « , a déclaré le coordonnateur du Collectif, notant que le mandat d’un député est un mandat qui appartient à la nation, son exercice ne peut être que libre, et aucun intermédiaire entre la nation et lui ne doit interférer.