Sud-Kivu : la journée ville morte décrétée par les forces vives observée dans plusieurs entités de la province
Les activités socio-économiques restent paralysées ce mardi 01 mars 2022 dans plusieurs villes et villages de la province du Sud-Kivu, notamment à Bukavu et à Baraka-Fizi.
Cette situation est consécutive à une journée ville morte décrétée par les organisations de la société civile pour dénoncer la mauvaise gestion du Gouverneur Théo Ngwabidje Kasi, désavoué par certaines couches de la population de cette province.
Les magasins, les supermarchés, les taximen, les motocyclistes, les grands marchés, les bistrots ne fonctionnent pas. La société civile demande pour sa part la démission du gouverneur Ngwabidje, selon eux, à cause de sa mauvaise gestion caractérisée par :
– L’insécurité grandissante dans la ville de Bukavu et partout à travers les territoires du Sud-Kivu, car il ne se passe pas une nuit sans qu’une victime soit sauvagement assassinée sans qu’une enquête soit ouverte sur ordre du gouverneur ;
– Le détournement des fonds publics, des dons des familles victimes des catastrophes naturelles et des incendies dans la ville de Bukavu, (Nyamugo, Nkafu etc.,…) ;
– Son implication dans le commerce illicite des minerais à Mwenga et Shabunda avec les chinois
– L’expropriation des concessions et des terres de paisibles compatriotes de Mwenga en faveur des Chinois sans compensation à des fins d’exploitation semi-industrielle de l’or par les Chinois ;
– La signature de contrats de gré à gré (sans appel d’offres), ne respectant pas les normes de la procédure de passation des marchés publics dans le cadre d’un partenariat public-privé, où l’argent des taxes et redevances perçues est conservé dans un compte personnel et non au Trésor public.
– La non-réhabilitation des infrastructures routières ;
– Le délabrement avancé des routes d’intérêt économique, notamment : Mwenga, Kamituga Shabunda, Uvira, Fizi, Bunyakiri, Kalehe etc…
– L’augmentation du prix du carburant à la pompe avec pour conséquence l’augmentation du prix des produits de première nécessité sur le marché, le prix d’une course en taxi de 500 fc à 1000 fc ;
– La volonté manifeste d’augmenter le taux de scolarisation des élèves à travers un décret provincial qui fixe les frais à payer de 3 à 90 dollars par enfant et par trimestre au mépris du coût de la vie par famille ;
– L’orgueil caractérisé de la gouvernance provinciale de nature à alimenter les conflits communautaires et identitaires au grand dam de ses administrés.
Rappelons que récemment, le Ministre national de l’Intérieur, de la Décentralisation Coutumière a instruit le Gouverneur du Sud-Kivu d’interdire toute manifestation publique dans sa province.