En RDC, la tension politique va crescendo après l’arrestation de Salomon Kalonda, l'un des collaborateurs les plus proches d’un des leaders de l'opposition, Moïse Katumbi. L'homme a été arrêté à l’aéroport international de Ndjili ce mardi par des individus en tenues militaires et civiles alors qu'il s’apprêtait à prendre un vol pour Lubumbashi aux côtés d’autres cadres d’Ensemble pour la République, dont Moïse Katumbi lui-même.
Sans qu’il ne reçoive d’explication sur la raison de son arrestation, Salomon Kalonda a été conduit dans un 4x4 par les mêmes individus, selon des témoins présents à l’aéroport et qui ont assisté à toute la scène. L'arrestation de M. Kalonda suscite des vives critiques parmi les figures de l'opposition tout comme celles de la société civile. Ils sont plusieurs à dénoncer cette action qui selon eux va à l’encontre des libertés politiques et individuelles en RDC.
Le premier à avoir réagi est Moïse Katumbi, qui qualifié cette arrestation d’un “enlèvement crapuleux”. L’opposant a dans la foulée exigé la libération immédiate de son proche collaborateur. "Aucune base juridique. Fin de l’Etat de droit. Que lui reproche-t-on ? Où a-t-il été emmené ? Les autorités doivent s’expliquer et le libérer !", a-t-il fustigé sur son compte Twitter quelques minutes après l'arrestation de Salomon Kalonda.
Georges Kapiamba, président de l’organisation non gouvernementale Accès à la Justice, a également condamné l’arrestation de Salomon Kalonda, soulignant qu'elle portait atteinte à l'article 17 de la Constitution de la République Démocratique du Congo. Il réclame quant à lui une enquête judiciaire crédible et la libération de Salomon Kalonda.
“Je viens d’apprendre que Salomon Idi Kalonda, l’un de collaborateurs les plus proches de Moïse Katumbi, vient d’être enlevé en plein aéroport de Kinshasa par des hommes en tenue civile par un pick up double cabine. Je proteste contre ce type de dictature et réclame sa libération”, a à son tour réagi l’ancien premier ministre, devenu entre-temps un opposant, le sénateur Matata Ponyo.
Un autre membre de la société civile à réagir est le numéro un de l’Asadho, Jean-Claude Katende. “Ce matin, j'ai encore raison de m'inquiéter pour mon pays: l'enlèvement du conseiller de Moïse Katumbi à l'aéroport de Ndjili par des individus non porteurs d'aucun mandat et dans les conditions qui ne respectent pas la dignité humaine montre que le Congo tend vers une jungle » a-t-il déclaré.
Pour Delly Sessanga, l’un des challengers de Félix Tshisekedi à la présidentielle qui arrive,l'enlèvement des acteurs politiques pour les réduire au silence est une pratique condamnable propre aux dictatures. “Après l'enlèvement de mon collaborateur détenu depuis plus de 30 jours à l'ANR, je déplore celui de Salomon Kalonda aujourd'hui à l’aéroport de Ndjili”.
CongoRassure