Lors du 21ème sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté d'Afrique de l'Est (CAE) qui s'est tenu à Bujumbura, la question de l'inclusion du M23 dans l'équipe de vérification du futur site de pré-cantonnement a été au cœur des débats. Mbusa Nyamwisi, représentant du chef de l'Etat Félix Tshisekedi au Burundi, s'est montré intransigeant sur la question.
Cette position de la RD Congo a poussé l'EAC à adopter la décision interdisant aux éléments du M23 de faire partie de l'équipe chargée de vérifier le futur site de pré-cantonnement de ses éléments. Par conséquent, seuls les facilitateurs, la MONUSCO et les FARDC seront autorisés à inspecter le site prévu pour cela à Rumangabo, dans le territoire de Rutshuru, au nord de Goma, fief de la province du Nord-Kivu.
En même temps, la question du départ des troupes de l'EAC du territoire congolais a été abordée. Après de longues discussions, les États membres de la Communauté d'Afrique de l'Est se sont finalement convenus de mettre fin au mandat de la force régionale de l’EAC le 8 septembre prochain. Cependant, la RDC a à son tour exigé qu'une évaluation de cette force soit réalisée à la mi-juin.
Pour favoriser cette opération de pré-cantonnement, le sommet des chefs d'État et de gouvernement a également recommandé que la force régionale travaille en étroite collaboration avec la mission onusienne en RDC, la MONUSCO. La possibilité de créer un chef de mission civil, qui serait responsable des aspects politiques des futures opérations en symbiose avec la force régionale, a également été mise sur la table.
Le président congolais Félix Tshisekedi a par ailleurs été chaleureusement remercié pour avoir facilité le déploiement de la force régionale et pour le cessez-le-feu observé par l'armée gouvernementale. L'hôte de la rencontre, le Burundais Ndayishimiye, a pour sa part appelé toutes les parties à des efforts conjoints afin, selon lui, de restaurer une paix durable en RDC.
Ce sommet extraordinaire de l'EAC a été décisif dans la résolution des tensions autour du site de pré-cantonnement de Rumangabo, avec des prises de position radicales de Kinshasa en faveur de la sécurité dans la région. Il reste maintenant à voir comment les décisions prises seront mises en pratique et si une paix durable pourra enfin être instaurée en RDC.
Kasoki Lwanzo, Kinshasa