Répression de la marche pro-Ngoy Mulunda : L’ACAJ charge le maire de Lubumbashi
L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice a publié lundi sa lecture de la marche réprimée le 18 janvier dans la ville de Lubumbashi. Cette marge était pour exiger la libération du pasteur et ancien président du Bureau Central Electoral, Ngoy Mulunda.
Suite aux incidents malheureux survenus lors de cette marche organisée par le parti politique AFBC, l’ACAJ rappelle que l’objectif de cette marche était de demander la libération du Pasteur NGOY MULUNDA, jugé en flagrant délit et régulièrement condamné à trois (3) ans de servitude pénale par le Tribunal de Grande Instance de Lubumbashi, pour le délit d’incitation à la haine tribale. La structure note que les organisateurs de cette marche avaient préalablement pris soin d’informer l’autorité urbaine de la Ville de Lubumbashi, qui en avait pris acte et déterminé l’itinéraire à travers l’accusé.
» Curieusement, à cette même date, c’est-à-dire le 14 janvier 2022, la Mairie de Lubumbashi informera les organisateurs sur le fait que la marche prévue n’était plus autorisée pour des raisons de sécurité « , écrit l’ACAJ, qui indique que c’est dans ces circonstances que, le 18 janvier 2022, vers 9 heures, les organisateurs et leurs partisans se sont retrouvés au point de ralliement pour le début de la marche.
“Avant même le début de la marche, le Maire de la Ville et le chef de la Police Nationale / Ville sont allés à la rencontre des manifestants pour leur demander de se disperser en raison de l’interdiction de leur marche. Les manifestants ont refusé cette demande et ont proposé que la Police les accompagne jusqu’au lieu où ils devaient remettre leur mémorandum au Gouverneur de la Province, en sa qualité de représentant du Président de la République dans sa juridiction. Le Maire a rétorqué que le document pouvait lui être remis, car il est le représentant du Magistrat Suprême dans la ville de Lubumbashi”, décrit l’organisation non gouvernementale.
Selon elle, face à ce dialogue de sourds, le Maire a fait appel au Ministre provincial de l’Intérieur, qui à son tour n’a pas réussi à faire plier la position des organisateurs qui ont insisté pour remettre leur document uniquement au Gouverneur en personne. Ainsi, face à ce blocage et à la nécessité de maintenir l’ordre public, la police a affirmé avoir effectué des tirs de sommation et lancé des gaz lacrymogènes. Dans leur dispersion, certains manifestants s’en sont violemment pris aux policiers, jetant tout ce qui était à leur portée.
Les incidents qui ont suivi ont fait plusieurs blessés parmi les organisateurs et leurs militants. Selon eux, neuf (9) personnes ont été gravement blessées. 8. Toutefois, la Police Nationale Congolaise a fait état de deux (2) blessés légers. Elle a également indiqué avoir respecté toutes les règles d’engagement qui ont conduit au largage de gaz lacrymogènes afin de protéger l’intégrité physique du Ministre provincial de l’Intérieur et du Maire de la Ville qui étaient dangereusement encerclés par les manifestants.
Par ailleurs, l’ACAJ note que la lettre du maire annulant la marche n’a pas été dûment notifiée aux organisateurs. Ainsi, elle dit constaté que le décor était déjà planté pour l’inévitabilité d’incidents malheureux et déplorables, principalement en raison des incohérences constatées dans le chef de l’autorité urbaine.
Par conséquent, l’ACAJ explique que le Maire de la Ville de Lubumbashi est responsable de la confusion et des incidents survenus le 18 janvier 2022, pour n’avoir pas pris les mesures nécessaires pour inviter les organisateurs afin de leur notifier la deuxième lettre, leur expliquer, sous réserve du secret d’Etat, les raisons de la décision d’annulation et enfin, leur proposer de reporter la marche à une date à convenir, en tenant compte de l’évolution des impératifs de sécurité.
Toutefois, l’ACAJ recommande vivement au Pasteur NGOY MULUNDA d’adresser directement au Président de la République, sa demande de mesure de grâce. Et pour plus de transparence, elle demande une enquête plus exhaustive afin de déterminer les responsabilités de chacun et d’appliquer des sanctions conséquentes.