NORD-KIVU : Brandissant la non amélioration de la situation sécuritaire, la coordination provinciale de la société civile demande la levée de l’état de siège
Dans une note officielle adressée au premier ministre, la coordination provinciale de la société civile du Nord-Kivu étale les différents points en rapport avec l’évaluation de l’état de siège depuis son instauration en Mai 2021.
En effet pour cette structure représentative du peuple, l’état de siège ne serait pas une réponse adéquate qui pourrait éradiquer complètement les conflits armés au Nord-Kivu étant donné que les crises et les guerres vécues dans cette région ont pour causes principales; la recherche de l’identité, la recherche de la terre, la recherche du pouvoir ainsi que la recherche des ressources naturelles.
« Au départ, l’état de siège est venu avec un aspect dissuasif à tel point que la population toute entière avait des attentes démesurées mais convergeant toutes à la restauration de la paix et la sécurité. Au fur et à mesure qu’on avance, on se rend compte que la situation se complique chaque jour d’avantage, » avance la coordination provinciale de la société civile dans sa correspondance.
Tout en reconnaissant quelques points positifs qui ont caractérisé la période de l’état de siège notamment, la diminution sensible des tensions politiques en Province; le payement régulier et en intégralité des salaires des agents du gouvernorat, ainsi que l’augmentation des recettes de la Province; cette structure citoyenne a cependant énuméré plusieurs points faibles qui ont favorisé l’inefficacité de l’état de siège face à la situation sécuritaire du Nord-Kivu.
Plusieurs centaines des civils tués depuis Mai 2021
Selon l’évaluation menée par la coordination provinciale de la société civile du Nord-Kivu;
143 personnes ont été tuées dans diverses circonstances dans la région du petit Nord (Walikale, Masisi, Rutshuru, Nyiragongo et la ville de Goma) dont 14 à Jomba lors des récents affrontements entre les forces armées de la RDC et les rebelles du M23.
Au moins six échangeurs de monnaie ont aussi été assassinés dans des circonstances similaires en ville de Goma.
Parlant d’enlèvement et kidnappings, cette structure citoyenne a répertorié 179 cas parmi lesquels 27 cas de tueries ainsi que 17 cas de justice populaire.
Tout en mentionnant la résurgence de la rébellion du M23 dans le territoire de Rutshuru ayant entraîné la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans cette partie de la province, la coordination provinciale de la société civile a également déploré l’occupation de plusieurs villages de la province par les groupes armés.
Parlant de Beni et Lubero, la coordination provinciale de la société civile s’est indignée de voir les tueries se poursuivre et s’étendre en dépit de l’état de siège et des opérations militaires conjointes UPDF-FARDC, au total 1.741 civils ont tués parmi lesquels 383 pendant la période de mutualisation des forces FARDC-UPDF. La récente attaque de Masambo, luseke et kaleyaleya en Groupement Basongora, Secteur de Rwenzori en Territoire de Beni dans le temps record du 08 au 10 Avril 2022 a causé la mort bilan d’environ 57 civils.
Consécutivement à cette situation, plusieurs recommandations ont été ressorties par la société civile du Nord-Kivu à savoir, la lever l’état de siège dans son ensemble qui, selon cette structure citoyenne, brille par son inefficacité et sa gestion sans contrôle.
– Renforcer la diplomatie congolaise en vue d’obtenir le respect de l’accord cadre d’Addis Abeba par les Etats signataires et surtout le Rwanda et l’Ouganda et organiser le rapatriement et la démobilisation des rebelles du M23 sans préalables ;
– Présenter avec urgence les personnes arrêtées dans le cadres des opérations militaires devant la justice à l’instar du sujet kenyan Salim et du jordanien, tous arrêtés récemment sur la ligne de front à Beni.
Rappelons que onze mois après l’instauration de l’état de siège, le premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde a brièvement séjourné à Goma au Nord-Kivu et en à Bunia en Ituri accompagné d’une forte délégation dans une mission d’évaluation de l’état de siège.
Nicole Lufungi