NORD-KIVU : Avec un taux élevé des déplacés, de l’insécurité alimentaire et des violences basées sur le genre, le territoire de Masisi nécessite 62 millions USD d’aide humanitaire (UNOCHA)
Au moins 530 000 personnes auront besoin d’une assistance humanitaire et de protection dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu.
Cette révélation a été faite par le bureau des nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (UNOCHA) dans son bulletin d’information hebdomadaire.
À en croire le même document, le territoire de Masisi renferme en lui seul au moins 20% du nombre total des personnes déplacées au Nord-Kivu soit 358 600 personnes sur un total de 1,88 million.
Ce taux élevé s’explique par le fait que le territoire de Masisi connaît depuis plusieurs années les affrontements entre les groupes armés, les opérations militaires ainsi que les conflits fonciers. À ces maux s’ajoute la récente reprise des violences dans le territoire voisin de Rutshuru suite à la résurgence du M23, a renchéri UNOCHA.
« Le Masisi compte à lui seul 19 des 28 sites des déplacés officiellement reconnus dans la province, » indique UNOCHA qui précise que plus de 65 000 personnes sont logées dans ces sites depuis 2007 pendant que 273 000 autres se retrouvent dans les familles d’accueil.
La situation sécuritaire qui demeure encore volatile dans plusieurs coins du Nord-Kivu ne permet pas à ces personnes déplacées de regagner leurs milieux d’origine, déplore UNOCHA.
Toutefois, le territoire de Masisi fait également face à la prolifération des cas des violences sexuelles et violences basées sur le genre ainsi qu’à une recrudescence des incidents sécuritaires.
Selon UNOCHA, plus de 4 100 incidents de protection ont été enregistrés en 2021 entre autres les barrières et taxes illégales, les arrestations arbitraires, viols, les meurtres.
Aussi, des nombreux cas de violences basées sur le genre (VBG) sont aussi signalés. En 2021, 376 cas ont été rapportés, un chiffre qui ne représenterait que la partie visible de l ’iceberg et traduit les difficultés socio-culturelles liées à ces violences étant donné que certaines survivantes gardent le silence de peur d’être stigmatisée dans la communauté.
UNOCHA a également noté que ces fléaux affectent même les personnes hébergées dans les sites des déplacés dont la plupart vivent déjà dans une insécurité alimentaire suite à l’accès difficile aux routes de dessertes agricoles.
« Plus de 533 000 personnes, soit 24 pourcent de la population de Masisi, y souffrent de l’insécurité alimentaire aigue,selon les dernières statistiques du Cadre Intégré de Classification de la Sécurité Alimentaire. Deux des principaux corollaires de la malnutrition sont la rougeole et le choléra, deux maladies qui se sont durablement installées dans le territoire, » a indiqué UNOCHA.
Face à la complexité de cette situation humanitaire, UNOCHA avance que pour apporter une aide efficace, les organisations humanitaires auront besoin d’aumoins 62 millions de dollars américains.
Néanmoins, près de 30 organisations humanitaires continuent à mener des actions dans le territoire de Masisi en dépit des difficultés régulièrement rencontrées lors de l’exécution de leur mission suite à la détérioration des infrastructures routières ainsi que de la situation sécuritaire.
Nicole Lufungi