Retrait probable de l’UPDF : Edgard Mateso affirme que la population qui attendait des opérations conjointes le retour de la paix est déçue
Les Forces de défense populaires de l’Ouganda ont annoncé en début de semaine que leur accord d’intervention avec le gouvernement congolais expirerait dans deux semaines. Selon le général Muhoozi Kainerugaba, le commandant des forces terrestres de l’armée ougandaise, la fin de l’accord entraînera le retrait des troupes de l’UDPF du territoire congolais.
Réagissant lors d’une interview le jeudi 19 mai 2022, le vice-président de la société civile du Nord-Kivu estime que cette annonce est « une déception » pour les habitants de la région de Beni, qui n’attendaient que le retour de la paix de ces opérations militaires conjointes FARDC-UPDF.
« L’objectif d’une action militaire est de mettre l’ennemi hors d’état de nuire. Mais il n’y a pas encore de villages accessibles à la population. Parce que les déplacés sont encore dans les grandes villes. Il n’y a pas encore de routes ouvertes parce que les véhicules sont encore brûlés. Il n’y a toujours pas de champs accessibles à la population. Parce que l’ennemi continue à circuler dans ces champs. Par exemple, l’église catholique, toutes les paroisses ont fermé et les prêtres se sont retirés du côté de Buseya. Les musulmans qui n’ont pas accès à leur mosquée. C’était une zone sous le contrôle de l’UPDF. C’est une population qui souffre et qui a besoin de compassion. Ils aimeraient être dans leur environnement naturel. C’est ce que nous voulons qu’un gouvernement responsable remette à son peuple », a déclaré Edgard Ketembo Mateso.
Le président de la République, Félix Tshisekedi, avait proclamé l’état de siège en mai 2021 afin de rétablir la paix et la sécurité dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Face à la menace persistante, il a signé un accord avec le gouvernement ougandais autorisant l’entrée des soldats de l’UPDF pour combattre les terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF) en novembre 2021.