À Nairobi, Félix Tshisekedi et d’autres chefs d’État de la région des grands lacs approuvent le “déploiement immédiat” d’une force régionale au Kivu et en Ituri
Lundi 20 juin 2022, la conclusion de la réunion organisée par le Kényan Uhuru Kenyatta sur la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo est tombée. Les participants se sont tous accordés sur le déploiement immédiat d’une force régionale au Nord et au Sud-Kivu ainsi qu’en Ituri, pour, disent-ils, pacifier ces provinces.
Le Congolais Félix Tshisekedi, ainsi que ses homologues ougandais Yoweri MUSEVENI, rwandais Paul KAGAME, sud-soudanais Salva KIIR Mayardit, burundais Evariste NDAYISHIMIYE, kenyan Uhuru ainsi que l’ambassadeur de Tanzanie se sont engagés à contribuer à la réconciliation et à une paix durable, à en croire le document parvenu à CONGORASSURE.CD
D’après le compte-rendu de la réunion, ces chefs d’Etat se sont dits déterminés à trouver une solution rapide et durable au conflit en République démocratique du Congo, « notamment dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu et de l’Ituri ».
Une position qui renforce celle de Yoweri Museveni, qui a déclaré lundi matin que les problèmes qui affectent la région comme la crise au Congo nécessitent une approche collective de la part de tous les membres régionaux de la Communauté d’Afrique de l’Est. “Nous devons insister pour travailler ensemble car ces gens ont beaucoup souffert” a dit le président ougandais.
Toutefois, ces dirigeants des pays de la Communauté d’Afrique de l’Est, qui ont reconnu la suprématie de la Constitution de la RDC dans toutes les démarches qui seront entreprises, se sont engagés à maintenir un pays unifié et sûr, doté d’institutions cohérentes et crédibles du gouvernement central exerçant une pleine autorité territoriale.
Par ailleurs, le communiqué qui a sanctionné cette réunion révèle que le conclave a débuté par une présentation détaillée du volet militaire. Cette présentation a été notamment faite par le chef des forces de défense du Kenya, le général Robert Kibochi. Celui-ci est le président du comité des chefs de défense de la Communauté d’Afrique de l’Est. En effet, cette présentation faisait suite à une réunion des chefs d’état-major de la défense qui s’est tenue le dimanche 19 février 2022 à Nairobi. La définition du problème, l’analyse des menaces, le concept d’opérations, l’accord sur le statut des forces, les règles d’engagement et d’autres règlements juridiques et techniques visant à faciliter l’opérationnalisation de la force régionale et de ses différentes armes opérationnelles y ont été exposés.
“De leurs côtés, les chefs d’État ont accepté et adopté tous ces principes tels qu’ils ont été présentés par les chefs d’état-major pour une mise en œuvre immédiate. Ce faisant, ils ont tous donné des instructions pour que la Force régionale, en coopération avec les forces militaires et administratives de la RDC, cherche à stabiliser et à garantir la paix en RDC” précise le compte-rendu.
Il convient de noter que la Force régionale, qui a ainsi reçu son mandat opérationnel et a détaillé sa structure opérationnelle, devra également coopérer à la mise en œuvre du processus de désarmement et de démobilisation, apprend-on. Celle-ci sera constituée en tant que force de la Communauté d’Afrique de l’Est en vertu du protocole de la CAE sur la paix et la sécurité et de l’article 124 du traité de la CAE sur la paix et la sécurité régionales et de l’article 125 sur la coopération en matière de défense.
Au même moment, le Conclave qui, en ce qui concerne les combats violents qui se déroulent actuellement dans le territoire de Rusthuru, au Nord-Kivu, les chefs d’État présents a exigé un cessez-le-feu immédiat, a également reçu une note écrite sur le volet politique du processus de Nairobi qui détaillait les actions et activités entreprises depuis la dernière réunion, y compris la tenue de consultations avec divers groupes armés et rebelles en RDC comme suivi des consultations entreprises par Kinshasa avec les groupes rebelles à Nairobi.
Au vu des informations reprises dans la note et de l’évolution de la situation sur terrain, les chefs d’état ont également exigé une cessation des hostilités devant commencer immédiatement, y compris le retrait des rebelles des positions récemment prises.
Pour eux, le processus politique devrait être intensifié par toutes les parties afin de permettre aux citoyens de la RDC de se sentir en sécurité et de pouvoir reprendre et poursuivre leurs activités sociales, culturelles et économiques respectives, soulignant qu’il existe aussi d’autres questions cruciales qui nécessitent une résolution concertée et durable. Il s’agit particulièrement du renforcement de la confiance, de la cessation des hostilités, du cessez-le-feu inconditionnel, de la participation aux processus politiques du pays, de la priorité et la participation au développement du pays, de la citoyenneté, de la présence d’éléments étrangers négatifs, du sort des combattants lors de la réintégration et du statut des réfugiés et des personnes déplacées à l’intérieur du pays.
Revenant sur la question de la « xénophobie » décriée par plusieurs représentants occidentaux, le Rwanda et certains politiciens congolais, les chefs d’État ont insisté sur le fait que tout langage offensant, discours de haine, menaces de génocide et autres propos politiquement incitatifs doivent cesser et être découragés par toutes les parties. « La population de la RDC doit être encouragée à travailler ensemble pour stabiliser l’est de la RDC afin qu’elle puisse prospérer », ont-ils déclaré.