Sécurité urbaine dans la ville de Butembo : Il est crucial d’associer les habitants (Opinion)
Au Nord-Kivu, en pleine ville commerciale de Butembo, des éléments appartenant vraisemblablement à un groupe Maimai ont ôté la vie à deux personnes lors d’une attaque survenue dans la nuit de lundi à mardi, selon des sources policières.
Cet énième cas d’insécurité dans la ville de Butembo est évidemment une situation préoccupante quand on sait que la province fait actuellement face à plusieurs fronts, dont deux principaux, l’un contre les rebelles du M23 dans la partie Sud et l’autre tout aussi très important contre les rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF) dans le Grand Nord.
Ainsi, au moment où le Nord-Kivu est sérieusement secoué de toutes parts, et son intégrité mise en danger, il est légitime que tous les Congolais s’accordent à dire que la question de la sécurité dans les grandes agglomérations de cette partie du pays, au delà de les concerner tous, devrait également attirer fortement l’attention des décideurs, surtout après la chute inattendue de la cité frontalière de Bunagana.
Car, outre des explications fournies par les autorités sécuritaires, la population a du mal à comprendre comment de présumés miliciens sont capables de lancer une attaque nocturne en pleine ville, alors qu’il existe une administration militaire, normalement appelée à apporter des réponses, qui tardent visiblement à venir, aux problèmes de sécurité que connaît Butembo depuis longtemps.
Par ailleurs, l’une des grandes questions pour le moment est de savoir ce que les services spécialisés comptent faire face à ces multiples attaques souvent attribuées à la milice Maïmaï. Difficile de le savoir pour le moment, mais le chef de la police dans cette ville du Nord-Kivu, le Commissaire Supérieur Principal Polo Ngoma-di-Ntoto Jean Paul, se confiant à la presse a, pour sa part, évoqué directement l’infiltration de la ville par plusieurs éléments de cette milice incontrôlée.
Et s’il y a infiltration comme l’affirme le Chef de la Police de Butembo, il est temps que la population de cette ville joue sa partition. En effet, comme cela se fait dans tous les pays puissants de ce monde, l’administration militaire doit impliquer d’une manière ou d’une autre les Bubolais dans sa gestion stratégique, ainsi que dans le processus de sécurisation de la ville, en encourageant notamment les dénonciations et d’autres apports selon les limites prévues par la loi. Autrement, il serait préjudiciable de laisser les civils de côté pour les décisions stratégiques et sécuritaires, d’autant plus que cette population pourra jouer un rôle central dans l’identification des « infiltrés » et des « brebis égarées » qui se camouflent sous diverses identités.
Une position que le commissaire de la police urbaine adopte progressivement. Après la récente attaque qui a coûté la vie à deux personnes dans la ville, et tout en appelant la population à rester calme et à vaquer librement à ses occupations, l’autorité policière a encouragé « la consolidation de la collaboration entre la population civile et les services de sécurité ».
Dans la nuit de lundi à mardi, en plus des deux personnes tuées par la milice Maimai, la police a signalé qu’une troisième personne a été blessée et a été admise dans un établissement de santé pour recevoir un traitement approprié. « La situation est actuellement sous le contrôle des forces de sécurité », a-t-elle toutefois rassuré.
Des habitants de la cellule Furu, Quartier Congo ya Sika, ont rapporté que les premiers sifflements de balles ont été entendus vers 22h, heure locale, suivis de plusieurs autres pendant plusieurs dizaines de minutes, et ce, avant que les forces de l’ordre ne réagissent et ne repoussent les assaillants.