Insécurité en RDC : « Il faut rapidement définir une politique de défense adaptée aux défis du présent et du futur » (Mukwege)
Réagissant au récent rapport des experts de l’ONU, le Dr Mukwege est revenu sur la situation sécuritaire qui prévaut actuellement dans l’est de la RDC.
Pour le Prix Nobel congolais, la RDC ne peut pas compter éternellement sur l’assistance des Nations Unies ou poursuivre une politique d’externalisation de la sécurité nationale à des Etats tiers. Afin de remédier à cette situation, Denis Mukwege invite le gouvernement congolais à réformer d’urgence le secteur de la sécurité qui, selon lui, est la seule solution durable pour sécuriser et pacifier le pays.
« Ainsi, il est nécessaire de définir rapidement une politique de défense adaptée aux défis du présent et de l’avenir, d’allouer les moyens nécessaires à l’exécution de la loi de programmation militaire et de mobiliser une réelle volonté politique pour réformer nos forces de défense », a-t-il insisté.
Il a également ajouté qu’il est déplorable que certains éléments de l’armée régulière collaborent avec certaines milices qui déstabilisent le pays.
Cependant, le Dr Mukwege n’exclut pas le fait qu’après toutes ces atrocités, le peuple congolais a également droit à une bonne justice et à la vérité. Selon lui, les Congolais ont également droit à des réparations et à des garanties que les violences ne se reproduiront pas.
« Une stratégie nationale holistique pour la justice transitionnelle en RDC doit être adoptée et mise en œuvre. La justice est un outil essentiel pour prévenir la récurrence des conflits, mais elle est la pièce manquante du puzzle pour parvenir à la paix en RDC. C’est une condition préalable à la réconciliation et à la coexistence pacifique en RDC et dans la région des Grands Lacs africains », a-t-il ajouté.
La déclaration du Dr Mukwege intervient à un moment où la RDC connaît une situation sécuritaire instable en raison des conflits armés dans l’est du pays. Le pays fait également face à un contexte diplomatique assez particulier suite à la reprise des manifestations contre la Monusco et aux tensions entre Kinshasa et Kigali.
Alors que la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est s’apprête à déployer une force régionale pour lutter contre l’insécurité dans l’est du pays, les opérations militaires conjointes FARDC-UPDF se poursuivent tant bien que mal dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, deux entités qui sont en état de siège depuis plus d’un an.