Nord-Kivu : Une activité dénommée « étoffe rouge » des femmes violemment réprimée par la police à Butembo
La ville de Butembo a connu une situation tendue dans sa partie nord par une campagne dénommée « étoffe rouge », organisée pour le départ de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation de la République Démocratique du Congo (RDC).
La synergie des associations féminines de la ville de Butembo, en province du Nord-Kivu, a officiellement lancé sa campagne dénommée « étoffe rouge », ce mardi 9 août 2022. Cette campagne est une suite d’activités organisée pour le départ de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation de la République Démocratique du Congo (RDC).
Le go de cette campagne a été donné au niveau du rond-point VGH, au monument historique de Butembo. Elle a consisté à la distribution des étoffes rouges à la population, en signe de dénonciation des tueries en provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Cette opération a été étouffée par les éléments de la Police Nationale Congolaise (PNC). Ces derniers ont utilisé la force pour disperser les manifestants.
« Il fallait voir comment ces policiers ont traité nos mères. Pour enlever l’étoffe de la tête, est-ce qu’il faut enlever les périèques, non ? Nous sommes en train de souffrir et nous portons ça pour exprimer notre mécontentement face à la MONUSCO et c’est comme ça que la police traite », déclare un témoin de l’événement.
Cette indignation est aussi exprimée par les femmes victimes de cette répression policière. Selon Mariette Tasiviwe, l’une des organisatrices de cette action, les forces de l’ordre et de la sécurité les ont surprises quand elles s’apprêtaient pour une interview avec la presse.
« L’activité s’est bien passée mais la police est venue nous trouble au moment où nous étions pacifiques. Les agents avaient soif de cette action parce que nous avons distribué beaucoup de lots d’étoffe. Nous déplorons le comportement de la police », fustige-t-elle.
En réaction, le commandant du commissariat urbain de la police en ville de Butembo précise que ladite manifestation n’a pas eu l’autorisation de l’autorité urbaine de Butembo.
« La police travaille sur base des textes légaux. Si toute personne peut se réveiller pour faire du n’importe quoi, nous ne défendons pas à quiconque de manifester. Est-ce que l’une de ces femmes peut témoigner qu’elle a vu le maire de ville et que le commandant de la ville a été informé ? », réagit le commissaire supérieur principal Polo Ngoma-Di-Ntoto Jean-Paul.
La ville de Butembo a connu une situation tendue dans sa partie nord. Des jeunes voulaient improviser une manifestation en érigeant des barricades sur les voies publiques. Certains d’entre eux ont été interpellés pour trouble à l’ordre public et sabotage des engins de la police.