Places insuffisantes dans des écoles publiques à GOMA : Plusieurs enfants contraints de rester à la maison
Malgré l’effectivité de la gratuité de l’enseignement de base dans les écoles primaires publiques et dans le réseau des écoles conventionnées, plusieurs écoliers de la ville de Goma n’ont pas repris le chemin de l’école une semaine après la rentrée scolaire 2022-2023.
Dans la ville de GOMA, au Nord-Kivu, alors que la rentrée des classes a eu lieu le lundi 5 septembre 2022, comme c’est le cas sur l’ensemble du territoire de la RDC, hormis certaines zones sous occupation des rebelles du M23, plusieurs écoliers n’ont pas repris le chemin de l’école.
Plusieurs raisons sont avancées par les enfants et leurs parents pour expliquer cette absence de scolarisation. Cependant, la plupart des explications convergent vers l’épineuse question de la situation socio-économique qui reste un casse-tête pour de nombreuses familles qui n’ont pas les moyens d’inscrire leurs enfants dans certains types d’écoles si ce ne sont pas des écoles publiques.
Insuffisance d’écoles publiques, insuffisance de places
Dans une enquête de CONGORASSURE.CD, les parents d’écoliers de la ville de Goma, surtout ceux qui vivent dans les quartiers à fort seuil de pauvreté et qui vivent dans la promiscuité, sont nombreux à fustiger le très faible nombre d’écoles publiques. Ils pointent également du doigt le nombre de places dans les écoles publiques, un facteur qui ne donne pas la chance à leurs enfants de bénéficier de la gratuité de l’enseignement prônée par le gouvernement congolais.
En plus de ce problème, plusieurs parents disent ne pas pouvoir se procurer les fournitures scolaires pour organiser la rentrée de leurs enfants. Par ailleurs, soucieux de l’éducation de leur progéniture ils exhortent le gouvernement congolais à améliorer la capacité de ses écoles afin de donner à tous les enfants la chance d’accéder à l’éducation.
Des enfants qui devraient être à l’école deviennent des vendeurs de rue
En raison du manque de place dans plusieurs écoles publiques, de nombreux enfants continuent d’être exploités par leurs parents dans la pratique illégale du commerce de rue dans la ville.
Mwisa, âgé de 9 ans, devait être en troisième année primaire cette année. Avec des rideaux et d’autres tissus sur l’épaule, il se promène encore dans la ville à la recherche d’argent. Le garçon a confié à CONGORASSURE.CD qu’il a été envoyé par sa mère afin de réunir de l’argent pour sa scolarité.
Un nombre impressionnant d’enfants de GOMA sont dans la même situation. Obligés de rester à la maison, ils sont envoyés par leurs parents faire des petits commerces en ville ou pour les plus grands, ils choisissent eux-mêmes de travailler dans des points de lavage de voitures avec l’espoir de retourner un jour à l’école.
C’est depuis le 2 septembre 2019 que le ministère de l’enseignement primaire secondaire et technique a lancé la gratuité de l’enseignement primaire dans les écoles publiques dûment budgétisées. Cette décision n’est pas encore pleinement effective sur le territoire national car la menace de la grève des enseignants non satisfaits continue de peser sur le secteur.