Ebola en Ouganda : 29 décès déjà enregistrés, Kinshasa doit penser à protéger ses frontières en renforçant les contrôles
Dans la République voisine d’Ouganda, une épidémie particulièrement virulente de la maladie à virus Ebola fait rage. Au moins 29 décès ont déjà été enregistrés et plusieurs centaines de contacts répertoriés. Curieusement, les contrôles des frontières congolaises avec son voisin ne sont toujours pas renforcés.
Les autorités RD-Congolaises devraient sérieusement réfléchir aux mécanismes à mettre en place pour éviter que la maladie à virus Ebola qui sévit chez le voisin ougandais ne se propage sur le territoire congolais. Cette décision ne devrait pas tarder, car outre le fait que certaines régions proches de l’Ouganda, dont le territoire de Beni, viennent d’en finir avec une autre épidémie de la même maladie, la situation devient de plus en plus préoccupante de l’autre côté de la frontière.
Selon le ministère ougandais de la santé, au moins neuf personnes étaient mortes d’Ebola au 3 octobre, depuis que les autorités de ce pays d’Afrique de l’Est ont annoncé l’apparition de la fièvre hémorragique mortelle le 20 septembre. L’Organisation mondiale de la santé a pour sa part déclaré mercredi que 29 décès avaient été enregistrés, dont quatre membres du personnel de santé.
Entre-temps, Médecins sans frontières a déclaré que la souche n’était pas la même que celle qui sévit souvent en RDC : « L’épidémie actuelle d’Ebola en Ouganda est causée par une variante relativement rare du virus, connue sous le nom de souche soudanaise, qui soulève un certain nombre de défis médicaux et opérationnels pour les équipes de terrain ».
Selon l’organisme international, il n’existe pas de vaccin contre la souche soudanaise du virus, qui est responsable de l’épidémie en Ouganda. « Des discussions sont en cours à l’OMS pour déterminer quel candidat vaccin pourrait être déployé dans un nouvel essai clinique en vue d’obtenir éventuellement une autorisation d’utilisation », a déclaré MSF, qui conseille que pour contrôler cette épidémie d’Ebola, il est essentiel de pouvoir détecter rapidement les personnes infectées et d’identifier leurs contacts, qui peuvent avoir voyagé loin de l’épicentre de l’épidémie.
Ces mises en garde devraient inquiéter les autorités sanitaires congolaises, car le pays partage plusieurs entrées avec son voisin ougandais dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, des régions déjà confrontées à une insécurité sans nom et dont les habitants traversent quotidiennement les frontières pour des besoins souvent économiques.