Alors que les discussions dans les salons politiques comme dans les rues semblent se focaliser de plus en plus sur les élections, le député national élu de Kananga, Claudel Lubaya a rappelé vendredi que si les rebelles du M23 et leurs alliés contrôlent jusqu'à présent plusieurs villes du Nord-Kivu, la force régionale de l’EAC en contrôlent d’autres dans la même partie du pays.
Le pays est privé d'une grande partie de son territoire, a déclaré Claudel Lubaya vendredi. L'élu a notamment cité Ishasha, Kibumba, Rumangabo, Tongo, Kishishe, Bishusha, Kamatembe, Bunagana et bien d'autres, qui selon lui font partie des localités qui échappent totalement au contrôle de Kinshasa et qui sont administrées par des groupes armés et d'autres par des unités de la force régionale de l’EAC.
"Les autorités politiques, militaires et policières congolaises n'ont pas le droit d'y entrer. Il y a donc un risque, si rien n'est fait, que nos compatriotes sous occupation étrangère ne soient pas enrôlés ou élus, puisqu'ils sont en dehors de l'administration de Kinshasa", prévient Claudel Lubaya.
“A moins que le gouvernement n'ait choisi d'abdiquer son pouvoir régalien en matière de défense de l'intégrité du territoire”, commente l'élu de Kananga, “la dégradation continue de la situation sécuritaire à l'Est ne semble plus être sa priorité, au vu de l'entrée en campagne anticipée des ministres et gouverneurs de province. Un pays dont de vastes territoires sont sous occupation étrangère ne peut pas organiser des élections libres et inclusives”.
Il a par conséquent appelé dans la foulée tous les Congolais à faire un sursaut patriotique, tout en demandant aux forces armées de la RD Congo de quitter les plaintes et de défendre la nation occupée.
Aussi, concernant les élections, Claudel Lubaya déplore qu'en ce début d'année 2023 et alors que la campagne électorale n'a pas encore commencé et qu'aucune candidature à quelque niveau que ce soit n'a été déposée ou validée, à Kinshasa comme dans les principales villes de certaines provinces, le climat politique est pollué par des polémiques thématiques toxiques, le plus souvent basées sur des attaques personnelles et des invectives.
Pour lui, les questions fondamentales, notamment le pacte républicain, l'avenir du pays, l'accès de la population aux services sociaux de base - eau, électricité, éducation, emploi, logement, transport, sécurité - sont ainsi expressément évitées afin de “maintenir le flou sur notre responsabilité commune dans l'effondrement de notre pays” souligne-t-il.
"Je voudrais rappeler que l'agitation autour des prochaines élections ne doit pas nous faire oublier les exactions et les souffrances subies par nos compatriotes de l'Est du pays de la part des groupes armés, la crise de Kwamouth et la résurgence du banditisme dans certains centres urbains", déclare Claudel Lubaya.
Le député insiste sur le fait que l'agitation autour des élections ne doit pas faire oublier aux Congolais que chaque jour qui passe, la RDC "perd sa souveraineté et son autorité sur plusieurs dizaines de kilomètres de son territoire" et que, "profitant de notre distraction des pays voisins, profitant de notre distraction, les pays de l’EAC se partagent comme un gâteau, en Ituri et au Nord-Kivu, de vastes étendues de notre territoire qu'ils occupent par leurs armées et excluent l'Etat congolais de son administration".
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