Alors que l'AFC/M23 a fait savoir se retirer de la ville d'Uvira après l'avoir conquise il y a de cela plus d'une semaine, le gouvernement provincial du Sud-Kivu ne voit pas cette annonce avec le même oeil que celui du mouvement. D'après l'exécutif provincial installé dans la ville de Baraka en territoire de Fizi avec le reste des institutions provinciales, les informations qu'il possède sur le prétendu retrait n'approuve qu'une dissimulation pour des raisons qui nécessitent une rigoureuse analyse.
Le gouvernement provincial souligne avoir visualisé des vidéos dudit retrait envoyées dans les réseaux sociaux, et a pu découvrir que toutes les jeeps étaient presque vides, n'ayant pas à l'intérieur que le chauffeur et un ou deux éléments à bord. Leur communication qui demeure floue, du fait de n'avoir pas précisé jusqu'où devraient-ils se retirer, devant pourtant être supervisé afin de se rassurer s'ils se sont réellement repliés jusqu'à Kamanyola, leur ancienne position.
D'après ce document, tard dans la nuit, s'est observé un mouvement des combattants de l'AFC/M23 prenant à pied la route Mwami en passant par les collines de Kashekebwe à destination des moyens et haut plateaux d'Uvira pour rejoindre leurs alliés, les Ngumino, Twiraneho ainsi que les Red-Tabara à Minembwe dans le territoire de Fizi afin d'encercler la ville d'Uvira.
Ces Rebelles ont déjà foncé vers Makobola à destination de Baraka sont toujours à 9 km de la ville d'Uvira avec toute l'artillerie sans présenter une quelconque intention de rentrer, de même que pour ceux qui ont été vus à pied vers le rond-point de Kavinvira n'ont pas dépassé la cité de Kiliba qui est à 12 km de la ville d'Uvira, confirmant ainsi la thèse selon laquelle une mise en scène a été montée pour réduire la pression et endormir l'opinion publique nationale et internationale.
En date du 18 décembre, « des nouvelles figures en tenues civiles ont été visible dans la ville d'Uvira », rapporte le gouvernement provincial du Sud-Kivu, jadis n'existaient pas au sein de la communauté, d'où, la thèse sur le retrait uniquement de leurs uniformes pour se déguiser en civils en attendant un nouvel assaut. Il fait savoir également qu'aux alentours de la cité de Kiliba, leur retrait aurait une intention de démonter la sucrerie du Kivu et emporter toutes les machines au Rwanda, avec pour objectif de mettre à genoux l'économie de la province, pendant que l'usine était déjà en pleine relance par le Président de la RDC, visant à employer plus de 3.000 personnes dont la faveur serait octroyée aux jeunes du Sud-Kivu.
De part toutes ces considérations, le gouvernement provincial du Sud-Kivu dit émettre ses réserves sur la confirmation du prétendu retrait de la ville d'Uvira, tout en dénonçant la manipulation orchestrée autour dudit retrait par des médias importés pour construire un récit international clé en main, étant loin d'être un acte de bonne foi, dont l'annonce vise à donner une illusion de retrait politique, sans désengagement militaire ou cessation des violences et des pillages avec pour unique objectif, d'obtenir la réduction de la pression internationale, dont celle des États-Unis.
Qualifiées de réalité toutes les observations faites, le gouvernement provincial du Sud-Kivu appelle la Communauté internationale, y compris les Nations-Unies, l'Union Africaine, l'Union Européenne et toutes les Organisations de défense des droits humains, à multiplier mes condamnations fermés contre les exactions du Rwanda et ses supplétifs de l'AFC/M23 et d'intensifier leurs actions pour la protection des populations civiles, victimes innocentes des atrocités.
Par ailleurs, une demande est faite aux États-Unis et à leurs partenaires internationaux, d'exiger du Rwanda, un retrait total et effectif de toutes ses forces et de celles qu'il contrôle sur l'ensemble des zones occupées dans les provinces du Nord et Sud-Kivu jusqu'à leurs positions cantonnées antérieures à Bunagana, conformément au droit international.
Cependant, un appel vibrant est lancé à toutes les organisations humanitaires, d'accorder un bénéfice de l'urgence à la situation humanitaire très critique des Congolais cantonnés dans différents sites de transit au Burundi en vue de leur acheminement aux camps des réfugiés, sans assistance humanitaire depuis le 09 Décembre 2025.
Enfin, sous la conduite du gouverneur de province du Sud-Kivu, le gouvernement réaffirme son indéfectible engagement en faveur de la protection de toutes les populations civiles sans distinction ethnique ou tribale, la sauvegarde de l'intégrité territoriale de la RDC, la promotion de la paix, de la vérité et du respect des droits humains dans toute la Région.
Emmanuel MWENE