Pour un acteur de la société civile : «Le président Tshisekedi et le gouvernement doivent dire pourquoi l’armée n’attaque pas le M23 à Bunagana »
Après près de trois mois, la cité stratégique de Bunagana, située à la frontière entre la RDC et l’Ouganda, reste totalement aux mains des rebelles du mouvement du 23 mars, téléguidé par Kigali. À Kinshasa, un silence assourdissant est observé actuellement sur la question, une position qui suscite la colère de plusieurs acteurs de la société civile.
L’un des acteurs de la société civile à monter sur le créneau est Jean-Claude Katende, président national de l’Asadho. Celui qui se dit « gardien du temple », appelle le président de la République Félix Tshisekedi et le gouvernement de Sama Lukonde à s’expliquer sur la stratégie actuelle choisie par l’armée.
« Le président Tshisekedi et son gouvernement doivent nous dire pourquoi l’armée n’attaque pas les terroristes du M23 à Bunagana ? Cette attitude des autorités du pays me dépasse et je sais qu’elle dépasse aussi beaucoup d’autres Congolais », indique Jean-Claude Katende. Pour le président de l’Asadho, Bunagana est devenue la ville de l’humiliation de tout un peuple et des FARDC. « Qui pour nous enlever cet opprobre ? » s’interroge-t-il.
Il estime que si les criminels du M23, relais du Rwanda, restent à Bunagana, ils s’enrichissent et achètent d’autres armes pour tuer des Congolais. « Les politiques et les militaires doivent prendre leurs responsabilités », exhortent ce militant des droits de l’homme. Il insiste en outre sur le fait que ces terroristes doivent être attaqués. « Qu’on ne leur donne pas d’espace sous prétexte qu’on risque de tuer beaucoup de civils. Eux, ils tuent des Congolais tous les jours », explique Jean-Claude Katende, exaspéré.
Le 13 juin, les rebelles du M23 ont pris la cité frontalière de Bunagana après d’intenses combats entre l’armée et les rebelles. Ces affrontements ont vu certains soldats gouvernementaux prendre la direction de l’Ouganda. Depuis lors, les assaillants contrôlent Bunagana et, selon plusieurs sources de la société civile, ils y ont mis en place une administration parallèle.