Insertion dans le budget 2023 des avantages financiers des anciens présidents de l’assemblée nationale : « cette démarche est inappropriée » (ACAJ)
Après la rencontre entre des anciens présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat avec le chef de l’État congolais sur la question de leurs rémunérations, ACAJ a déclaré vendredi qu’il est curieux que ces anciens présidents choisissent cette temporalité sociale particulière pour réclamer l’insertion dans le budget 2023 de leurs avantages financiers non payés.
L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ), indique que sur la base de la loi n° 18/021 du 26 juillet 2018 portant statut des anciens présidents de la République élus et fixant les avantages accordés aux anciens chefs des corps constitués, certains anciens présidents de l’Assemblée nationale ont rencontré le Chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi Tshilombo, pour lui demander d’inclure leurs arriérés d’avantages non payés dans le budget 2023.
A l’heure où la question de la rémunération des députés nationaux fait polémique, l’ACAJ juge cette démarche inopportune, car elle est contraire à tous les discours officiels sur la réduction du coût de la vie des institutions.
En outre, plusieurs des engagements du gouvernement en matière d’amélioration des conditions salariales croupissent dans les caisses du Trésor public, apparemment faute de moyens financiers pour les honorer, rappelle la structure. C’est le cas des enseignants, des magistrats, des médecins et des infirmiers, ainsi que d’autres catégories socioprofessionnelles pour lesquelles les promesses du gouvernement peinent à être honorées, indique l’ACAJ dans son communiqué.
“Il est curieux que les anciens présidents de l’Assemblée nationale choisissent cette temporalité sociale particulière pour réclamer l’insertion dans le Budget, exercice 2023 de leurs avantages financiers non payés. Il serait moralement inexplicable pour le Gouvernement d’accéder à une telle demande, d’autant plus que la loi n°18/021 du 26 juillet 2018 devrait d’abord être révisée au regard du caractère excessif et immoral des avantages qu’elle accorde aux anciens chefs d’État et corps constitués et sans prévoir la déchéance de ceux qui se seraient compromis dans des actes de corruption, de détournement de deniers publics et de blanchiment d’argent dans l’exercice de leurs fonctions « , a déclaré Georges Kapiamba, président de l’ACAJ.
Tout en saluant les services rendus à la Nation congolaise par les dignes filles et fils, et en tenant compte du fait qu’ils ne sont pas logés dans la précarité matérielle qui caractérise la majorité des Congolais, l’ACAJ leur demande de prouver leur amour et leur solidarité envers le peuple congolais en renonçant officiellement aux avantages qu’implique la loi n°18/021 du 26 juillet 2018.
L’ACAJ recommande au gouvernement et au parlement d’orienter les ressources mobilisées vers les priorités porteuses de croissance inclusive et de ne pas se soumettre à tout ce qui les éloigne du » peuple d’abord » dont les bénéfices sont encore attendus, d’une part ; et d’autre part, d’engager le processus de révision de la loi n°18/021 du 26 juillet 2018.