Alors que la force régionale réunissant les troupes de certains pays membres de la communauté de l’Afrique de l’Est est déjà présente sur le territoire congolais, une certaine classe de la population congolaise réclame depuis un moment qu’en lieu et place de recourir à ces forces de l’EAC, dont la plus part des membres sont impliqués directement ou indirectement dans l’insécurité de l’Est du pays, Kinshasa devrait plutôt faire appel à la SADC.
La République démocratique du Congo se tournera-t-elle aussi vers la SADC pour régler une fois pour toutes la question de la sécurité dans l'est du pays ? Cette question occupe une place de choix dans les débats publics de ce lundi 5 décembre. Cela fait suite à une déclaration faite par un haut responsable du pays à la cinquante - deuxième plénière du Forum parlementaire des pays de la SADC au palais de la Nation.
En effet, dans son adresse aux participants nationaux et régionaux, le speaker de l'assemblée nationale, Christophe Mboso, a déclaré que face au « regard complaisant et coupable » de la communauté internationale, la République Démocratique du Congo « ne peut compter que sur le soutien des Etats membres de la SADC".
Le président de la chambre basse du parlement ne s'est par ailleurs pas trop attardé sur cette déclaration, laissant de nombreux congolais sur leur soif. Cependant, dans l'opinion publique, les commentaires fusent déjà de partout. Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas pourquoi le gouvernement n'a pas eu recours à cette structure sous-régionale et s'est plutôt tourné vers l'EAC.
C'est notamment le cas d'un des proches collaborateurs de Moïse Katumbi. Pour Michael Tshibangu, Conseiller du président national d’Ensemble et chargé des Télécommunications, de NTIC, de l'Économie Numérique et des Réseaux Sociaux de l’opposant, « il est curieux que Kinshasa ait plutôt invité les forces de l'EAC ».
Dans le même chapitre, le président de l'assemblée nationale soutient que la République démocratique du Congo est victime de son hospitalité. "Nous avons accueilli des réfugiés rwandais et ougandais en 1994, et aujourd'hui ils sont devenus des groupes armés pour nous tuer", a-t-il déclaré.
Le discours de M. Mboso a été prononcé en marge de l'ouverture de la cinquante - deuxième plénière du Forum parlementaire des pays membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), ce lundi, dans la capitale Kinshasa. L'un des thèmes qui sera développé est le rôle des parlements dans le renforcement de la paix et de la sécurité dans la région de la SADC.