L’enrôlement des électeurs prévu au mois de février en province du Nord-Kivu crée plusieurs inquiétudes dans la notabilité de Rutshuru suite à la présence de la rébellion du M23 qui reste opérationnelle dans cette partie de la province en dépit de la présence des forces régionales de la communauté des États d’Afrique de l’Est dans la zone.
Dans un entretien de CONGORASSURE avec l’ancien délégué du gouverneur Julien PALUKU dans le groupement de Binza, Jean-Paul Tsongo Marungu, celui a indiqué que dans la phase actuelle, le territoire de Rutshuru est en voie d’être placé dans les oubliettes de la politique congolaise à cause de cette guerre d’occupation qui souffre de manque d’opérations dissuasives.
Pour ce notable de la zone, l’enrôlement des électeurs pendant cette période d’incertitude sécuritaire ayant causé le déplacement de la majorité de la population locale affecte petit à petit la composition des sièges à pourvoir lors de la législative des élections à venir.
Jean-Paul Tsongo Marungu propose au gouvernement de Kinshasa de procéder tout d’abord à la pacification du territoire de Rutshuru pour permettre le retour des déplacés dans leurs milieux d’origine afin d’avoir une vraie base des données pour cette révision du fichier électoral dans cette partie de la province du Nord-Kivu.
« Le Rutshuru est en danger depuis la réactivation du M23. En plus de la vie humanitaire de ses ressortissants dans les milieux d’accueil, ils risquent de ne pas avoir plus des représentants au parlement parce que tous les électeurs ne sont plus dans leur fief. Ce qui va avoir comme conséquence la perte de plusieurs sièges », souligne ce notable.
Celui-ci propose deux options à la centrale électorale et au gouvernement congolais. Pou lui, ces deux entités doivent en toute urgence délocaliser les centres d’enregistrement et enrôlement du territoire de Rutshuru vers les contrées ayant accueilli les plus des déplacés soit sursoir tout simplement l’organisation des élections et se concentrer sur la recherche de la paix à l’Est du pays.
Cet ancien délégué du gouverneur dans le groupement de Binza va plus loin en supposant que le peuple de Rutshuru ne trouve pas important d’élire des autorités politiques dans le contexte sécuritaire actuel qui reste inchangé depuis plusieurs décennies malgré leurs efforts de vouloir appuyer la démocratie en RDC, mais tourne au détriment de population locale.
Il sied de rappeler que depuis les premières élections en RDC cette partie du pays vit dans une instabilité sécuritaire devenue chronique. D’un côté les rebelles rwandais des forces démocratiques pour la libération du Rwanda, FDLR, de l’autre des forces d’autodéfense populaires qui pullulent dans la zone et qui restent loin d’être éradiquées par le pouvoir central à côté du sous développement qui ne dit pas son nom en dépit de leurs efforts personnels pour mener une vie descente forcée.
Diddy MASTAKI