Rien ne va plus entre le président Félix Tshisekedi et celui qui a été jusqu’à il y a peu son allié dans l'Union Sacrée, Moïse Katumbi. Depuis que ce dernier a annoncé qu'il quittait la coalition au pouvoir, critiquant au passage le bilan du régime, diverses déclarations ont été faites de part et d'autre.
Pour Michael Tshibangu, qui est l'un des conseillers de Moïse Katumbi, n'ayant aucun bilan positif à présenter au peuple congolais, certains politiciens proches du pouvoir en place n'ont que des discours haineux, des discours de discrimination.
"Nous gardons les vidéos. La justice internationale existe, dit Tshibangu, la Monusco et d'autres organisations internationales suivent de près la campagne électorale, les preuves de discours de haine, de tribalisme, de discrimination sont recueillies. Vous allez payer le prix de ce que vous faites", prévient-il, à l’intention de ceux qu’il pointe comme auteurs des discours de haine.
« Nous avons vu ce que ce genre de campagne a donné en Côte d'Ivoire »- Michael Tshibangu.
En effet, le conseiller de Moïse Katumbi en charge des télécommunications, des NTIC, de l'économie numérique et des réseaux sociaux estime que l'Union sacrée de Félix Tshisekedi joue un jeu dangereux, ajoutant que "L'absence de bilan positif les pousse à recourir aux discours de haine. La haine et la division sont leurs armes de campagne" commente-t-il. Pour lui, il est déplorable de voir que l'Union sacrée de Félix Tshisekedi a choisi la voie du tribalisme, de la haine, de la division et de la discrimination au lieu d'une campagne basée sur un programme, une vision. "Nous avons vu ce que ce genre de campagne a donné en Côte d'Ivoire", a-t-il déclaré.
Il a également dit regretter le silence du président de la République malgré le déferlement de discours de haine contre Moïse Katumbi. "Félix Tshisekedi n'a pas hésité une seconde à sortir ses griffes lorsque Maman Marie a dit que sa femme n'était pas congolaise. Malheureusement, l'Union sacrée, dont il est le numéro un, fait la même chose et Félix Tshisekedi se tait", a déploré Michael Tshibangu.
Le proche de Katumbi affirme qu'il y a un danger et que l'Union Sacrée de Félix Tshisekedi devrait arrêter une telle campagne. Selon lui, « la cohésion nationale a été sérieusement endommagée au cours de ce mandat de Félix Tshisekedi. Malheureusement, la coalition au pouvoir continue de semer la haine ».
D’autres politiques haussent également le ton…
Il faut noter que certains acteurs politiques ont également haussé le ton contre le climat politique qui règne actuellement dans le pays. C'est notamment le cas du député honoraire et président national du parti Ensemble Changeons le Congo-ECCO-Adam Bombole. Ce dernier, dont le parti soutient la candidature de Félix Tshisekedi pour un second mandat, a également déclaré lundi matin qu'il regrette que certaines personnes se livrent à des discours ségrégationnistes.
"Je déplore et dénonce le discours ségrégationniste et nauséabond véhiculé par certains acteurs politiques déjà en campagne électorale. La situation interpellative actuelle du pays devrait inciter à plus de retenue malgré nos divergences politiques. Que Dieu nous préserve", a-t-il déclaré.
Pour l'instant, d'autres acteurs politiques proches du gouvernement, dont ceux du parti présidentiel-UDPS, n'ont pas encore réagi officiellement à ces déclarations. Ils le feront probablement dans les prochaines heures, d'autant plus qu'il s'agit d'une question cruciale au regard de la situation que traverse le pays, notamment dans sa partie orientale.
CongoRassure